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Élection présidentielle: le black-out se poursuit en RDC

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« Les Congolais ont célébré le Nouvel An 2019 coupés du monde, soupire le site d’information congolais Cas-Info qui diffuse depuis l’étranger. Pas de SMS, pas de Facebook ni de WhatsApp pour envoyer des messages de vœux aux proches. Ainsi en a décidé le gouvernement. Alors que la Commission électorale nationale indépendante continue à compiler les résultats très attendus des élections de dimanche. Au cœur de toutes les critiques pour avoir, selon la quasi-totalité des observateurs, organisé un désastre électoral, la CENI a communiqué hier, pointe Cas-Info, pour féliciter le peuple congolais pour son “patriotisme affiché” le jour du vote. […] La CENI qui s’est même fendue d’un message de vœux en direction des observateurs et journalistes étrangers […]. »

Et Cas-Info de s’interroger : « vœux réels ou bien nouveau pied de nez à des Congolais plongés dans le noir et à la presse internationale devenue indésirable ? Notamment la radio très prisée des Congolais, la Radio française internationale, RFI, qui n’émet plus ni à Kinshasa, ni à Goma, Bukavu, Kisangani et Mbandaka. » En tout cas, conclut le site congolais, « pas de quoi rassurer à quelques jours de la publication des résultats. Si ce n’est, créer un climat de suspicion. »

Des sacs de bulletins jetés dans une rivière…

Qui plus est, les rapports d’incidents ou d’irrégularités lors des opérations de vote dimanche se multiplient. Dernier exemple en date rapporté par le site de Radio Okapi : « trois sacs contenant des bulletins de vote cochés au nom du candidat Tshisekedi ont été ramassés hier matin au bord d’une rivière à Kidodobo sur la route qui mène vers Walungu, par des jeunes de l’UNC, l’Union pour la nation congolaise (la formation de Vital Kamerhe). La nouvelle s’est répandue rapidement sur toute la ville de Bukavu et les gens sont accourus sur le lieu de la découverte. […] Radio Okapi a tenté de joindre à ce sujet les responsables de la CENI dans cette province, sans succès. »

Le rapport très attendu de la Cenco

D’ailleurs, les Congolais et au-delà attendent avec impatience un rapport sur ces élections, celui de la Cenco, la Conférence épiscopale nationale… La Cenco continue de compiler les informations qui lui parviennent de tout le pays, parfois difficilement en raison du black-out. Mais d’ores et déjà, note Aujourd’hui au Burkina, qui suit avec attention le scrutin, « les premiers constats de la CENCO valent le détour. Moins de la moitié des procès-verbaux et des fiches de résultat ont été signés par les membres du bureau et les témoins présents et dans un peu moins de la moitié des cas, ces fiches et procès-verbaux ont été remis aux témoins à fin de dépouillement, s’ils n’ont pas été affichés devant les bureaux de vote. Mais plus interrogateur, relève encore Aujourd’hui, la CENCO a noté que dans environ 500 bureaux, les résultats issus du comptage manuel et celui des machines à voter ne correspondent pas. Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui n’a pas tourné rond ? Etait-ce des erreurs de calculs, de comptage ou des erreurs “voulues”, “manipulées”, “engendrées” ? L’avenir se chargera de répondre à ces questions, décemment ou pas. »

En tout cas, conclut Aujourd’hui, « il est certain que les oreilles attendent avec impatience les conclusions finales de la CENCO. La CENCO qui habillera ou non les élections générales de la RDC de la toge de la crédibilité ou du bonnet d’âne de la duplicité. Si ce scrutin a commis le crime de la partialité, la messe sera dite et les sermons risquent d’être salés. »

Le temps du désir…

Enfin ce commentaire d’un journaliste congolais réfugié en France et publié ce matin par le site d’information Wakat Sera : « il y a un thème de satisfaction à retenir de ces élections, en attendant les résultats partiels, affirme-t-il : le “temps du désir”, très fortement exprimé par le peuple congolais, de connaître une alternance démocratique. Il est sorti en masse pour se choisir une nouvelle catégorie de personnels politiques afin de prendre les rênes du pays. Attendons de voir les résultats… Mais il est certain que dans le camp présidentiel, les “têtes ne sont pas dans les étoiles”… Sinon, ils n’auraient pas décidé de couper Internet, de bloquer les SMS, et de tuer le signal de RFI, juste le jour du Nouvel An. »

Source: RFI avec titre légèrement modifié




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