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Guinée : surpopulation carcérale, le ministre de la Justice tape du poing sur la table

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Assez ! Le ministre de la justice met fin à la détention provisoire en milieu carcéral. Une mesure visant à contribuer au désengorgement des prisons.

Dans une note de service adressée aux différents parquets et aux chefs de juridiction, et qui sonne comme un cri du cœur, Me Moriba Alain Koné, le Garde des Sceaux guinéen déplore le manque de moyens des juridictions : elles sont dans des « abris de fortune, insalubres, sans eau, sans électricité, sans budget de fonctionnement et sans prison », lit-on dans cette note.

Maître Moriba Alain Koné dénonce par ailleurs « une très mauvaise maîtrise des lois ».

Résultat : la détention provisoire est appliquée de manière « quasi-systématique », y compris pour des délits mineurs, déplore le ministre de la Justice.

Le Garde des Sceaux liste une série d’instructions visant à corriger tous ces problèmes : il exige notamment la tenue d’audiences criminelles au plus tard le 31 juillet ; il demande par ailleurs une liste nominative de tous les détenus par juridiction, précisant la durée et le motif de leur détention.

« La détention provisoire, souligne-t-il, ne doit désormais être ordonnée qu’en cas d’absolue nécessité ».    

L’Organisation guinéenne des droits de l’homme, qui travaille sur l’accès des citoyens à la justice, demande plus de moyens pour mettre à jour les infrastructures judiciaires.

Alseny Sall, porte-parole de l’OGDH : « Les mêmes problèmes relevés par le ministre sont soulevés par notre organisation, c’est-à-dire l’absence de moyens logistiques pour le transport des détenus. La majorité des juridictions aussi disent qu’elles ont la volonté d’organiser les procès, mais qu’elles n’ont pas de budget de fonctionnement. Donc les déclarations ne suffisent pas, pour régler le problème il faut aussi des politiques vraiment concrètes. »

Un plan de réforme du secteur judiciaire, doté de 97 millions de dollars, est pourtant à l’œuvre depuis 2014 pour dix ans.

« La chaîne pénale ne fonctionne pas », dénonce une source proche du dossier qui déplore qu’une grosse partie de cette réforme a été consacrée à des ateliers, sans renouveler les infrastructures judiciaires.




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