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La paix reviendra-t-elle entre Kigali et Bujumbura ?

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Alors qu’une attaque a fait 38 blessés le 11 mai dernier dans la capitale burundaise, Bujumbura accuse le groupe rebelle  Red-Tabara soutenu par le Rwanda, d’être à l’origine de l’attaque.

Le Burundi ne fait aucun mystère sur les auteurs de l’attaque qui a fait 38 blessés le 11 mai dernier à Bujumbura. Selon le ministère burundais de l’Intérieur et de la Sécurité publique, la faction armée RED-Tabara (Mouvement de la résistance pour un État de droit au Burundi) est responsable de cet attentat.

Sur son compte X, RED-Tabara fait savoir qu’il rejette les accusations du gouvernement burundais, tout en soulignant qu’il ne s’en prend pas à des civils innocents.

Dans son communiqué de presse, le Rwanda accusé par Bujumbura de soutenir le Red-Tabara a précisé que « le Burundi doit être aux prises avec d’importants problèmes internes pour que son gouvernement accuse le Rwanda ». Il appelle son voisin à résoudre ses problèmes sans associer le Rwanda à de tels incidents.

Crée en 2011, le RED-Tabara est le mouvement rebelle le plus actif au Burundi avec un effectif estimé entre 500 et 800 combattants.

Plusieurs observateurs y voient également la main du Rwanda dans cette attaque. Pour André Kazigaba un Rwandais réfugié au Mozambique, il n’y a aucun doute quant à l’implication des RED-Tabara et, par extension, du Rwanda dans la déstabilisation du Burundi.

« RED-Tabara a été fondé sur le sol rwandais. Il est composé par les ex-putschistes du Burundi de 2015, mélangés à des militaires rwandais et congolais, qui sont équipés et commandés par les RDF (Rwanda Defense Forces). Kagame et ses criminels s’habituent à ces actes d’insécurité dans toute la région des Grands Lacs. Comme pour la RDC, le Rwanda évoque des problèmes de gestion interne. Kagamé et son groupe doivent savoir que le Burundi est un pays indépendant qui a son gouvernement », assure André Kazigaba.

Selon la journaliste belge Colette Brakcman, spéciste de la région des Grands Lacs, le Rwanda assurerait sa sécurité en exportant les conflits chez les pays voisins. « La politique du Rwanda est de s’entourer d’une sorte de glacier sécuritaire. Souvent, dans les interviews de James Kabarere qui travaille avec le président Kagame, il dit que le Rwanda n’a pas la profondeur. On peut comprendre que la profondeur existe dans les pays voisins, en l’occurrence la RDC, mais aussi le Burundi juste à côté. On mène les combats à l’extérieur de nos frontières, c’est-à-dire sur les territoires des pays voisins. »

Pour l’écrivain David Gakunzi, le Burundi est un pays qui va mal depuis plusieurs années et chaque fois qu’il est confronté à des difficultés, ses dirigeants ont, selon lui, tendance à pointer du doigt le Rwanda.

« Je crois que normalement, le rôle d’un responsable politique est de résoudre les questions qui se posent à son pays, à sa société, et non pas de fuir ses responsabilités en désignant à la vindicte populaire des boucs émissaires intérieurs ou extérieurs  » pense-t-il.

Essama Aloubou




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