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L’ombre d’un coup d’Etat plane-t-elle sur la Guinée équatoriale ?

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A quelques jours du lancement de la campagne électorale en vue de la présidentielle du 20 novembre prochain, le chef de l’Etat équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a ordonné la fermeture des frontières avec à la clé l’expulsion des étrangers vivants sur son sol.

La Guinée équatoriale vient de  fermer ses frontières terrestres avec le Cameroun et le Gabon. La mesure prise lundi dernier vise  à empêcher ce qu’elle qualifie d’« infiltration » de groupes désireux de « déstabiliser » la campagne électorale présidentielle à partir de cette semaine.

La mesure « empêcherait l’infiltration de groupes susceptibles de tenter de déstabiliser la campagne (électorale) », qui débute ce jeudi. Initialement prévu pour avril 2023, le scrutin présidentiel a été avancé au 20 novembre pour coïncider avec les élections législatives, sénatoriales et locales à la suite d’un décret du chef de l’Etat Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

L’anticipation de la présidentielle était justifiée par la nécessité de regrouper des scrutins coûteux en pleine crise économique due notamment à « la guerre en Ukraine » et à la « pandémie de Covid », mais les observateurs y voient plutôt la volonté d’un des deux camps de pousser ce qu’il croit être son avantage. L’issue des législatives ne fait, elle, guère de doute, comme à chaque scrutin : le PDGE (parti unique jusqu’en 1991) ne devrait laisser que quelques miettes à des mouvements d’opposition « tolérés », parmi les rares qui ne sont pas la cible d’une implacable répression dénoncée régulièrement par les ONG internationales.

Rendu à l’évidence des tensions qui ont cours dans le pays avant l’élection, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo craint une prise de pouvoir par les armes. Ce, d’autant plus que ces dernières années, le pays est passé à coté de plusieurs tentatives de putschs.  En 2018, des mercenaires avaient tenté un coup d’état pour renverser le régime de Teodoro Obiang. Ils auraient tenté de se rendre à Mongomo plus au sud du pays, lieu de vacances du président, autour du 24 décembre. Des affrontements entre mercenaires et l’armée guinéenne auraient eu lieu  en pleine forêt.

Mais objectivement, « à moins des supputations du régime qui est devenu paranoïaque au soir du pouvoir d’Obiang Nguema, il n’ y a pas suffisamment d’elements pour penser à ce moment à une prise de pouvoir par les armes », analyse et expert en géostratégie.  

Mais l’on se pose la grande question suivante : jusqu’à quand va durer cette fermeture des frontières ? Il faut rappeler La Guinée équatoriale ferme régulièrement ses frontières pour des raisons de sécurité malgré un accord régional sur la libre circulation des personnes et des biens avec le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazzaville, la République centrafricaine et le Tchad.

Essama Aloubou




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