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Macron à Lagos: Kemi Séba en colère contre Femi Kuti, Angélique Kidjo, Youssou N’Dour

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Faire du show dans une boîte de nuit, marquer quelques paniers et en rater d’autres en s’essayant au basketball…, la visite de Macron à Lagos au Nigeria, continue de susciter de vive polémique sur le continent. Un chef d’Etat français qui s’éclate dans une discothèque, c’est plutôt un plaisir rare.

Après un rendez-vous politique à Abuja avec son homologue Buhari, Emmanuel Macron a passé la soirée au Shrine, une salle de concert de la capitale économique du pays. La plus grande ville d’Afrique est aussi un haut lieu de l’afrobeat contestataire de l’icône nigériane Fela Kuti.

Si beaucoup ont salué l’intérêt du locataire de l’Elysée pour la culture africaine après son show au sanctuaire, d’autres à l’instar de l’activiste béninois Kemi Seba, y voient une « opération de séduction » notamment auprès de l’élite artistique africaine.

Le président de l’ONG « Urgences Panafricanistes » fustige notamment la présence de grands noms de la culture africaine à cette soirée, à la limite de l’insolite.

« Voir Femi Kuti, fils de l’icône de la résistance artistique africaine FELA, accueillir Macron nous détruit. Voir la brillante maman Angélique Kidjo, ma compatriote, chanter à ses côtés nous fend le cœur. Ecouter Youssou Ndour faire parler son talent artistique pour faire vibrer les oreilles de Manu nous déchire l’âme. Voir la lueur Yemi Alade exulter qu’un white président prête autant d’attention aux artistes africains nous DONNE LA NAUSEE », a écrit vendredi Kemi Seba sur sa page Facebook.

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ONE GOD (L’ARGENT), ONE AIM (LA RECONNAISSANCE PAR L’OCCIDENT), ONE DESTINY (LA SERVITUDE INCONSCIENTE). Ce triptyque pourrait bien être la devise des artistes africains à la mode ayant chanté et dansé lors de la venue de Macron au temple de la contestation politico-culturelle nigériane qu’est le New Shrine.

Macron, en apôtre de l’ultralibéralisme et en personnalité politique pragmatique qu’il est, a senti qu’il fallait se départir de l’engrenage des contestations sociales et anticolonialistes des sociétés civiles africaines francophones qui veulent, plus que jamais, rompre avec la Françafrique (quand bien même celle-ci est customisée par lui-même et sa femme Brigitte). Il a cerné aussi que le pays faiseur de tendances économiques, culturelles, cultuelles, politiques, se nommait en ce début de 21ème siècle en Afrique le NIGERIA.

En partant en opération séduction à Lagos, auprès de l’élite artistique africaine, en convoquant, à l’aide du frère Olivier Laouchez (quelle infinie déception) et de l’animateur RFI de service (moins surprenant, car c’est son boulot après tout de travailler pour les autorités françaises….) aussi bien les vedettes musicales anglophones que francophones du continent, Macron a actionné, dans un temple pourtant interdit aux présidents nigérians, (ces derniers étant symbole du népotisme et de la corruption aux yeux de la famille Kuti) une opération de Soft Power néocolonial dont nous porterons les stigmates longtemps. Voir Femi Kuti, fils de l’icône de la résistance artistique africaine FELA, accueillir Macron nous détruit. Voir la brillante maman Angélique Kidjo, ma compatriote, chanter à ses côtés nous fend le cœur. Ecouter Youssou Ndour faire parler son talent artistique pour faire vibrer les oreilles de Manu nous déchire l’âme. Voir la lueur Yemi Alade exulter qu’un white président prête autant d’attention aux artistes africains nous DONNE LA NAUSEE.

Hier, au 20ème siècle, les artistes africains étaient les premiers à résister à l’impérialisme occidental. L’impérialisme l’a compris. Et il a fait en sorte, en ce nouveau millénaire, que ces artistes, deviennent, à force de médailles et de décorations occidentales (artistes RFI-sés entre autres….), les premiers tirailleurs du néocolonialisme doux français et plus globalement de l’hydre ultra-libérale (sans que ces artistes s’en rendent compte, et c’est bel et bien cela le plus dramatique).

Diviser pour régner. Macron n’a rien inventé. Il ne fait que moderniser ce que ses prédécesseurs ont planifié depuis de si longues années… Le Showbizz et l’intelligentsia africaine d’un côté (celui de pions inconscients de l’Occident), et le prolétariat africain et diasporique de l’autre. L’histoire dira qui gagnera cette guerre de position si chère à Gramsci.

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