Meurtre de Falikou Coulibaly : « La majorité des gens en Tunisie sont racistes » 

Partagez ceci :

 

La diaspora africaine  résidant en Tunisie est estomaquée par l’assassinat dimanche de Falikou Coulibaly, président de l’association des Ivoiriens de Tunisie. Selon la presse locale, l’homme de 33 ans a été poignardé à plusieurs reprises à  Soukra alors qu’il tentait de s’opposer à un braquage. Son meurtrier, un jeune de la vingtaine arrêté par la police,  a reconnu les faits qui lui sont reprochés.

 

L’assassinat de Falikou Coulibaly illustre le climat d’insécurité dans lequel vivent les ressortissants de l’Afrique subsaharienne en Tunisie. Ces derniers ont longtemps dénoncé sans succès les comportements racistes dont ils sont victimes.

« J’arrêté de compter les insultes, moqueries et discriminations dues à ma couleur de peau. Mais ce n’est rien de comparé à mes amis qui se sont fait gifler dans le metro pour aucune raison apparente … ou qui se sont fait blesser au couteau… » dénonce un étudiant africain, selon qui les Tunisiens racistes constituent la majeure partie de la société.  « Si on part, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas la Tunisie, c’est parce que vous ne nous aimez pas en fin de compte… La majorité des gens en Tunisie sont racistes », conclut-il.

Ce sentiment de haine générale envers les personnes à peau noire est partagé par l’homme d’affaire tunisien Tawfik Mathlouthi, analyste politique et le fondateur de la marque Mecca Cola. « Depuis 2011, je n’ai eu de cesse d’alerter plusieurs hauts responsables tunisiens sur ces dérives racistes intolérables et inacceptables.

Aucune réaction, hormis certaines remarques qui m’ont été faites, toutes minimisant la gravité des faits : « Tu exagères Tawfik ! », ou pire encore, « C’est pas une priorité du moment. Nous avons plus urgent à résoudre ». Je suis écœuré, moi qui connais bien les pays d’Afrique noire et l’amour qu’ils nous portent. Je ne sais plus comment leur dire : Excusez-nous, notre pays est à la dérive. Excusez notre peuple qui se déshumanise », déplore-t-il.

De son côté, Tunisian African Business Council (TABC) appelle les autorités tunisiennes à améliorer l’accueil et la sécurité des étudiants subsahariens en Tunisie.  Le ministre  tunisien chargé des relations avec les instances constitutionnelles et la Société civile et des Droits de l’homme Mohamed Fadhel Mahfoudh a reçu lundi, la famille de  Falikou Coulibaly  a qui il a exprimé sa compassion.