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Paul Kagame: ce dirigeant Africain qui n’a de leçon à recevoir de l’occident

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Avec une voix qui murmure plus qu’elle ne parle , Paul Kagame fait peser chacun de ses mots. Le dirigeant Rwandais est présenté comme un homme qui impressionne, intimide et effraie, charme et convainc.

C’est l’un des rares chefs d’Etat africains qui a appris à faire fi des critiques et qui n’a rien à cirer avec l’occident. « Pas de pressions extérieures das les affaires internes », a-t-il l’habitude de claironner à qui veut l’entendre.

Et c’est ce que le président a fait comprendre à l’opinion nationale et internationale quant à la polémique sur la libération anticipée samedi de plus de 2 000 prisonniers dont le chanteur Kizito Mihigo et l’opposante Victoire Ingabire. Ces deniers étaient, faut-il le rappeler, condamnés à de lourdes peines, avant de bénéficier de cette grâce présidentielle.

Selon la presse internationale, cette libération est intervenue suite à des pressions internationales. En d’autres termes, ces mesures ont été prises pour améliorer l’image du Rwanda, en termes de démocratie, au moment où le Rwanda tente de briguer le secrétariat général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), avec la candidature de sa ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo. Laquelle bénéfice d’ailleurs du soutien de taille de l’Union africaine et de l’Elysée.

Faux ! Rétorque le maitre du Rwanda. « Des pressions ici au Rwanda ? », s’interroge Paul Kagame, au micro de RFI. « Ecoutez, lorsque nous avons gracié il y a quelques jours des stars de la politique, une politique-spectacle qui n’est pas enracinée dans le pays, nous avons vu certains raconter du blabla : « Non, moi je n’ai pas demandé pardon », ou encore « on nous a libérés grâce aux pressions extérieures (…) », a-t-il introduit sans citer de nom.

« Si vous continuez sur ce ton, vous allez vous retrouver de nouveau en prison. Et si vous voulez une preuve que la pression ne marche pas ici, mais plutôt qu’il faut agir avec sagesse, vous allez vous retrouver de nouveau en prison ou encore une fois à vagabonder hors du pays, car c’est tout ce que vous pourrez y faire », a averti le président Kagame.

Argument étayé par son secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.

« Ils diront toujours cela. Or, le fait est que nous avons eu des demandes écrites par les deux prisonniers. A moins qu’ils n’insinuent que les deux prisonniers sont en connivence avec le gouvernement. Vraiment, leurs considérations sont ridicules », estime-t-il avant d’admettre que le chanteur Kizito Mihigo a pourtant demandé pardon depuis le jour de sa présentation devant la justice.

« Même Victoire Ingabire a demandé pardon depuis longtemps. Ce n’est pas parce que vous demandez pardon que vous allez l’avoir immédiatement. Cela est examiné et considéré et le moment venu, la décision est prise », a ajouté M Nduhungirehe.

Convaincu de présider aux destinées d’un pays différent des autres, Paul Kagame estime que l’Afrique n’a pas besoin de  baby-sitters.

« Nous devons comprendre que le temps du baby-sitting est révolu et que nous ne grandirons jamais tant que nous estimerons avoir un besoin éternel de baby-sitters européens, américains, asiatiques ou autres. D’autant que ce baby-sitting implique toujours une forme profonde de paternalisme », a laissé entendre le dirigeant rwandais lors d’un entretien exclusif accordé en juin dernier à l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Président en exercice de l’Union africaine en pleine recomposition, celui qui est arrivé au pouvoir sur les fosses communes d’un génocide, celui des Tutsis, qui a fait disparaître près de 15 % de la population en cent jours, a une autre conception de la démocratie.

Réélu en 2017 avec un suffrage de  98,7 %, Paul Kagame, 60 ans, est considéré comme le « meilleur dictateur » africain. Ses réussites sautent aux yeux avec un taux de rebond de croissance de plus 7% en 2018 selon les récentes données du Fonds monétaire international (FMI). Kigali, la capitale est considérée comme la ville africaine la plus propre. Une véritable « smart city ».

A la question de savoir quand viendra sa succession, sachant que la Constitution lui autorise à briguer deux autres mandats de cinq ans à l’issue de l’actuel, qui expire en 2024, Paul Kagame répond en ces termes: « Je passerai le relais quand les motifs qui ont poussé les Rwandais à me demander de continuer auront, à leur entendement, trouvé leur solution : sécurité, santé, pauvreté, émergence économique, etc ».

 

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