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Présidentielle au Togo : entre Agbéyomé et Fabre, voici le choix de Me Apevon

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Dans trois semaines, les Togolais se rendront aux urnes pour les élections présidentielles. En lice contre Faure Gnassingbé, six candidats de l’opposition. Après avoir longtemps fait de l’union de l’opposition son crédo, les Forces démocratiques pour la République (FDR) ne penchent ni pour Agbéyomé Kodj, candidat unique désigné par Mgr Kpodzro, ni pour Jean-Pierre Fabre, l’ancien chef de file de l’opposition, toujours présenté comme leader de l’opposition togolaise, encore moins les quatre autres candidats en course.

Dans une « note d’information » adressée à ses militants et militantes, les FDR de Me. Paul Dodji APEVON appellent ceux-ci à voter le candidat de leur choix.

Lisez plutôt !

NOTE D’INFORMATION A L’ATTENTION DES MILITANTS ET MILITANTES DES FDR

Mesdames, Messieurs,

Depuis sa création, notre jeune parti, les Forces Démocratiques pour la république (FDR), a fait de l’union de l’opposition son crédo.

Pour la cause de cette union, il a consenti d’énormes sacrifices notamment :

– en suspendant les activités d’implantation de ses structures sur l’étendue du territoire national pour s’impliquer intensément dans les actions de la C14.
– en décidant de ne pas avoir un candidat pour l’élection présidentielle en cours et en appelant l’opposition à opter pour le choix difficile d’un candidat unique issu de préférence de la société civile.

Cette option, acceptée au fil du temps par les quatre autres partis restés dans la C14, a été malheureusement rejetée et combattue par tous les autres qui font la promotion de la candidature multiple.

C’est dans ce climat délétère et de défiance que Mgr. Philippe Fanoko KPODZRO a appelé les acteurs de l’opposition à privilégier le choix de la candidature unique.

La C14 s’est inscrite dans cette dynamique mais a fait observer très tôt au Prélat qu’au moment où la réflexion va être rapidement menée pour choisir en toute transparence le candidat unique, il faudra au même moment engager des actions pour obtenir les meilleures conditions d’organisation du scrutin présidentiel. Car pour la C14, les conditions d’opacité dans lesquelles se prépare l’élection ne permettront pas à l’opposition de gagner, même avec un candidat unique.

La C14 a alors élaboré et soumis à Mgr. KPODZRO une procédure pour mettre en confiance tous les candidats qui accepteront de s’engager dans cette dynamique afin que le choix se fasse en toute transparence.

Sans revenir sur toutes les péripéties de ce choix, il convient de souligner que Mgr. KPODZRO avait une approche totalement différente d’aborder le problème.

Dans sa conception, le candidat unique sera désigné par lui sans aucune procédure préalable.

Soucieuse de la réussite de l’entreprise périlleuse mais salvatrice dans laquelle elle s’est engagée, la C14 qui ne partage pas du tout cette conception, est allée dire avec force à plusieurs reprises au Prélat que la manière dont la procédure est conduite risque de conduire à l’échec de la belle initiative engagée. Mais à chaque rencontre ses inquiétudes ont été balayées d’un revers de main.

Des personnalités de la Société Civile et de la Diaspora intéressées pour être candidats potentiels du panier commun, des candidats des partis politiques ont progressivement perdu foi dans ce qui se faisait.

Par respect pour le Prélat, la C14 a gardé patience. Mais sa patience a été mise à rude épreuve lorsqu’une fuite sur les réseaux sociaux a révélé le nom de Agbéyomé KODJO comme le candidat unique que Mgr allait choisir, ce qui a entrainé des réactions violentes de rejet partout, même par la presque totalité des membres du Conseil de Direction de notre parti.

La C14 a décidé à l’unanimité de ses membres d’aller lui dire qu’elle n’accepterait jamais ce choix si c’est ce qui était programmé.

Et pourtant c’est ce qui est finalement arrivé.

Demander à un citoyen, qui ambitionne d’être candidat pour l’élection présidentielle, de renoncer à son ambition légitime au profit d’un candidat unique est une décision difficile qui ne peut lui être imposée.

Pour la réussite d’un tel défi, il est indispensable que dès le départ, des critères qui rassurent tout le monde soient définis afin que ceux qui ne seront pas retenus n’aient pas le sentiment d’avoir été victimes d’une machination.

Cette épineuse question de candidature unique qui fait appel à un renoncement de soi, ne peut pas se régler dans l’injustice ni être imposée par un diktat.

Malheureusement, il est indéniable que le processus conduit par Mgr KPODZRO n’a pas répondu à toutes les attentes de transparence et il faut avoir l’honnêteté de le reconnaitre.

C’est pourquoi lors de la dernière rencontre de la C14 du 29 décembre 2019 avec Mgr. KPODZRO qui était la cinquième sur le sujet, les deux parties se sont séparées fâchées sans espoir de se retrouver, ce qui signifiait pour beaucoup d’entre nous la rupture.

Des comptes rendus de toutes ces rencontres ont été régulièrement faits au Conseil de Direction.

La vision de la C14 qui est celle des FDR n’est pas de participer à l’élection présidentielle dans la division avec son candidat contre les autres candidats de l’opposition mais avec un candidat de toute l’opposition.

C’est pourquoi elle avait pris la courageuse décision de ne pas présenter un candidat issu de ses rangs.

Mais aujourd’hui, force est de constater que le candidat, Président d’un parti politique, qu’on tente de lui accrocher au cou va affronter dans la déchirure plusieurs autres candidats de l’opposition dont la plupart sont membres de la Coalition C14 originelle.

C’est la raison pour laquelle dans le communiqué rendu public le 03 janvier 2020, la C14 a formellement déploré cette multiplicité de candidatures au sein de l’opposition et avait demandé à tous les candidats de se ressaisir en vue de la constitution d’une union sacrée des forces démocratiques autour d’un candidat unique consensuel pour la victoire et l’alternance.

Elle a également constaté et déploré dans ledit communiqué qu’en raison de cette multiplicité de candidatures, le combat pour l’obtention des meilleures conditions de transparence de la prochaine élection, qui devrait être la préoccupation prioritaire des forces démocratiques, ne semble plus intéresser personne.

La position exprimée dans ce communiqué est toujours celle de l’UDS-TOGO, des Démocrates et des FDR.

En plus, il est important de rappeler que les FDR ont dénoncé à plusieurs reprises la candidature du président sortant pour un quatrième mandat et que pour le même motif, un courant de l’opposition appelle depuis longtemps au boycott de l’élection.

Parallèlement, le courant qui a décidé d’y participer est divisé aussi entre les adeptes de la candidature unique et ceux qui prônent la candidature multiple.

Et enfin la portion pro-candidature unique est à son tour farouchement divisée par le choix du candidat proposé par Mgr KPODZRO.

En ajoutant à ce sombre panorama les problèmes préoccupants du fichier électoral, de la CENI, de la Cour Constitutionnelle, etc., on se demande alors comment dans ces conditions les nombreux candidats en lice vont ils pouvoir gagner l’élection face à la grande machine à fraudes du pourvoir.

C’est à la lumière de tous ces éléments que le Conseil de Direction, organe de décision du parti, lors de sa réunion du 07 Janvier 2020, n’a pas jugé opportun que le parti s’engage aux côtés d’un des candidats.

La synthèse de cette réunion, envoyée sur notre plateforme interne pour éclairer les militants du parti, s’est retrouvée de manière malveillante sur les réseaux sociaux.

On assiste depuis lors à un déchaînement de réactions et de contre-réactions qui sont une occasion pour certains de fouler au pied les fondements de notre parti et de se comporter comme s’ils sont en lutte contre un adversaire extérieur.

La violence avec laquelle ils s’attaquent aux responsables du parti en les vilipendant est inquiétante.

En cherchant à connaître leur motivation réelle, il nous a été révélé que certains sont manipulés pour monter des militants à faire pression sur les responsables. C’est grave et c’est choquant.

Et pourtant, avant nous, d’autres avaient ouvertement pris la décision plus grave de non-participation à l’élection, position qui n’est pas la nôtre, sans que leur parti ne soit jeté en pâture.

La Société Civile avait adopté la même position que nous de ne pas prendre parti pour l’un des candidats, sans que cela ne fasse scandale.

Les FDR ont une ligne basée sur l’éthique et la morale. Ses responsables ont prouvé jusqu’à présent qu’ils ne sont pas des lâches et ne le seront jamais.

Pour revenir aux règles qui gouvernent le parti et sans le respect desquelles on tombe dans l’anarchie, nos statuts ont prévu qu’en dehors du Congrès et du Conseil National, c’est le Conseil de Direction qui est l’organe de décision.

Au cours de ses réunions et lorsqu’un sujet suscite débat, chacun peut avoir son point de vue personnel mais lorsqu’on est mis en minorité on s’incline et c’est cela les contraintes de la démocratie.

Le parti a pris la décision de ne pas s’afficher aux côtés de l’un des candidats en lice pour ne pas consacrer ce qu’il a toujours combattu, la division de l’opposition face au bloc monolithique du pouvoir.

Mais cette décision ne signifie nullement un mot d’ordre de boycott.

C’est pourquoi, il laisse la liberté à chaque militant et militante de faire, en son âme et conscience, son devoir citoyen en faveur du candidat de l’opposition de son choix.

Que Dieu nous Bénisse !

Lomé le 31 Janvier 2020

Le Président National

Me. Paul Dodji APEVON

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