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Quand l’Afrique se vide de ses dirigeants qui s’en vont « négocier » en Chine

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Ça grouille de monde à Pékin, la capitale chinoise où se tient depuis ce lundi, le 7è Forum de coopération entre l’Afrique et la Chine (Focac). Une rencontre de haut niveau qui s’est ouverte sur fond de crise de la dette, en présence du président chinois et de la plupart des présidents des 53 pays africains.

Des dirigeants de l’ONU, de l’Union africaine, et de 26 organisations africaines et internationales prennent également part à ce  sommet sino-africain, axé sur le thème « Communauté de destin et partenariat mutuellement avantageux ».

Alors que les intérêts économiques et diplomatiques chinois ne cessent de grandir en Afrique, Pékin devient plus qu’un partenaire économique.

Ainsi, les dirigeants de 53 pays africains tenteront donc de renégocier les conditions de financement de leurs projets.

Parmi les contrats négociés, souligne Jeune Afrique, l’on peut mentionner trois projets autoroutiers au Cameroun, un investissement de 180 millions d’euros dans une centrale hydro-électrique de 70 MW au nord du Gabon, des projets d’infrastructures télécom – pour 328 millions de dollars – au Nigeria… D’autres accords pourraient être bouclés d’ici à mardi 4 septembre.

Le Sénégal espère, par exemple, obtenir 500 milliards de francs CFA de financements pour des infrastructures autoroutières et pour le lancement de la deuxième phase du pôle urbain de Diamniadio. La RD Congo souhaite, quant à elle, solliciter Pékin pour le financement du barrage du Grand Inga.

Mais au-delà du financement de projets, renseigne la même source, des questions d’industrialisation et de transferts de compétences, plusieurs chefs d’État du continent sont aussi venus au Focac pour y solliciter de l’aide afin de les aider à maintenir l’équilibre de leurs finances publiques.

Selon les dernières évaluations de l’institut américain The China Africa Research Initiative (CARI), c’est près de 132 milliards de dollars de dettes que l’Afrique a contractées depuis vingt ans auprès de Pékin, obligeant certains pays comme l’Éthiopie, la Zambie ou le Cameroun à restructurer une partie des créances détenues par la Chine.

Alors que les relations sino-africaines sont essentiellement économiques, recevoir la plupart des dirigeants africains, en grande pompe, à Pékin, participe à donner une coloration plus politique à ces relations, écrit RFI.fr

« Si Pékin se défend de tout néo-colonialisme en Afrique, force est de constater qu’une puissance grandissante doit bien protéger ses intérêts à l’étranger. Et c’est là que le politique et l’économique sont étroitement liés : la Chine vend de plus en plus d’armes aux pays africains, la Chine a invité des militaires africains à un Forum de sécurité et de défense en juillet dernier », soutient le site de la radio mondiale.

Ce n’est pas un hasard si la première base militaire chinoise à l’étranger a été ouverte l’an dernier à Djibouti, l’un des pays d’Afrique les plus endettés vis-à-vis de la Chine.

Alors oui, les pays africains sont toujours friands d’investissements chinois en infrastructures, mais de plus en plus de critiques s’élèvent contre les risques de dépendance économique vis-à-vis de la Chine.

L’Afrique est-elle condamnée à rester « scotchée » à la Chine pour toujours ? L’on s’interroge.

 

 

 

 

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