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Sahel: l’ONU a-t-elle échoué face au terrorisme ?

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Dans son discours prononcé mercredi à la réunion de haut niveau sur le Mali et le Sahel en marge du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le Secrétaire général de l’ONU a reconnu qu’ils sont entrain de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme. António Guterres a saisi l’occasion pour appeler la communauté internationale à redoubler d’efforts face à l’escalade continue de la violence dans cette région.

Ci dessous, son discours en intégralité !

Merci pour votre présence.  Je sais que nous sommes tous très préoccupés par l’escalade continue de la violence au Sahel et son expansion vers les pays du golfe de Guinée. 

Je crains que nous n’ayons collectivement échoué à enrayer les causes profondes de la crise – la pauvreté, l’impunité, les failles de gouvernance – qui nourrissent la montée de l’extrémisme violent.  Les groupes terroristes instrumentalisent les conflits locaux et se positionnent en défenseurs, quelques fois, des communautés.

Tout cela est aggravé par le changement climatique.  La raréfaction des ressources naturelles exacerbe les tensions.  Au Nigéria, les heurts entre éleveurs et agriculteurs ont l’année dernière fait plus de victimes que Boko Haram. 

Partout, ce sont les civils qui en payent le prix.  Dans les seuls pays du G5 Sahel, le nombre de morts civiles entre 2012 et 2018 a été multiplié par quatre.  Plus de 5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de 4 millions ont été déplacées, 3 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de 2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. 

Soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme.  Nous devons redoubler d’efforts. 

Tout d’abord sur le front politique.  La résolution du conflit malien est essentielle à l’établissement d’une paix régionale durable et à l’unité du pays qu’il faut préserver à tout prix. 

Le dialogue politique national inclusif lancé la semaine dernière doit ouvrir la voie à des progrès dans la mise en œuvre de l’accord de paix.  La révision constitutionnelle sera indispensable pour mettre en place des réformes décisives. 

Plus de 1 000 anciens combattants ont déjà terminé une formation afin d’intégrer l’armée malienne.  La coopération de chacun est nécessaire pour que cette première étape importante conduise à des progrès dans le redéploiement d’une armée malienne reconstituée. 

Je salue également les actions entreprises par les autorités maliennes avec le soutien de la MINUSMA pour faire cesser les violences, protéger les civils et promouvoir la réconciliation dans le centre du pays.

Je crois qu’il faut qu’on reconnaisse que la lutte contre le terrorisme menée par le G5 Sahel n’est pas seulement une question des pays du G5 Sahel; n’est même pas seulement une question régionale ou africaine, c’est une question globale. 

Les forces du G5 Sahel nous protègent nous tous du terrorisme.  Si ces forces n’ont pas les moyens de lutter efficacement contre le terrorisme, les menaces vont se répandre bien au-delà de la région et sont des menaces à la sécurité globale, collective de notre monde. 

Pour finir, permettez-moi de souligner que le Sahel a besoin de l’unité et de l’engagement de tous.  Beaucoup d’outils et de mécanismes sont actuellement en place.  Tous sont complémentaires et méritent d’être soutenus et valorisés.  D’autres initiatives ont été annoncées, notamment au cours du récent sommet du G7 à Biarritz.  Le temps presse et c’est dans un esprit de complémentarité et d’unité que nous pourrons arrêter la spirale de violence et de souffrance dans la région et le progrès du terrorisme. 

Je vous remercie.

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