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Alassane Dramane Ouattara

Soldats ivoiriens arrêtés au Mali: Abidjan s’explique mais ne convainc pas

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L’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés et détenus au Mali continue de défrayer la chronique. Alors qu’elle assure que la présence de ses militaires était régulière, de nouveaux éléments semblent accabler la Côte d’Ivoire.

L’heure est grave. Entre le Mali et la Côte d’Ivoire, le torchon brûle. En cause, l’arrestation de 49 militaires ivoiriens arrivés « illégalement » sur le territoire malien et que Bamako présente comme des « mercenaires » venus «briser la dynamique de la refondation et de la sécurisation du Mali». Ils encourent entre cinq et dix ans de prison si la justice retient la thèse d’«atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat».

Abidjan montre les muscles

Sonnées par cette grave accusation, les autorités ivoiriennes n’ont pas tardé à réagir.  » La présence de ce détachement des éléments nationaux de soutien est conforme aux mécanismes de soutien des pays contributeurs de troupes dans le cadre des missions de maintien de la paix et est connue des autorités maliennes « , a réagi le Conseil national de la Sécurité de Côte d’Ivoire, à travers un communiqué. Abidjan exige en conséquence la « libération sans délai » des militaires arrêtés.

Mercredi, le gouvernement ivoirien a dénoncé une « banalisation » de ses institutions. « Il y a une forme (…) de banalisation de nos institutions qui ne saurait être acceptable », a déclaré son porte-parole, Amadou Coulibaly, à l’issue du Conseil des ministres. 

À titre personnel, Amadou Coulibaly a même lancé une pique aux autorités maliennes. « Je peux émettre un commentaire personnel. Au Mali, ceux qui sont au pouvoir sont des militaires dont certains sont des Forces spéciales, ils savent comment on renverse un régime. Ce ne sont pas des touristes qui arrivent dans un aéroport, qui rassemblent leurs passeports pour aller remplir les formalités de police », a-t-il déclaré.

Contre-pied

Si du côté d’Abidjan, les autorités semblent rejettent les accusations de Bamako, de nouveaux éléments laissent croire qu’il y a un flou qui entoure la présence des militaires ivoiriens au Mali.

D’abord, ces militaires déclarent être venus au Mali dans le cadre de la sécurisation de sites logistiques SAS, une compagnie mandatée par le contingent allemand de la Minusma. Une version démentie par l’Allemagne, à travers son ambassade au Mali. «Il n’y a pas de lien direct entre ces soldats ivoiriens et nous», assure un diplomate allemand cité par des médias français.

Quant à la Minusma, elle conteste avoir fait appel aux éléments ivoiriens. «Les détachements NSE sont embauchés par les contingents pour réaliser des tâches hors mandat, comme garder des entrepôts, explique Olivier Salgado sur Twitter. La Minusma n’intervient pas dans ces contrats.»

Jusqu’où iront le Mali et la Côte d’Ivoire dans ce bras de fer? L’historien ivoirien et professeur d’université Arthur Banga, lui, pense qu’Abidjan va privilégier la voie du dialogue. « Pour ce que j’ai pu entendre, les soldats détenus par les autorités maliennes sont dans de bonnes conditions, donc on peut espérer avoir une solution diplomatique le plus tôt possible« , a-t-il analysé lundi sur RFI.




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