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Tanzanie: John Magufuli lorgne-t-il une présidence à vie ?

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C’est une déclaration à la fois choquante et inopinée pour la société civile tanzanienne. En effet, le chef de l’Etat tanzanien a affirmé sans ambages que le CCM (le Chama cha Mapinduzi), le parti qu’il préside, sera éternisé au pouvoir. Des propos qui éveillent les soupçons d’une présidence à vie de la part de John Magufuli, arrivé au pouvoir en 2015.

Ce dernier a fait cette déclaration en marge de la cérémonie de lancement des travaux de construction d’un centre de formation des cadres de son parti, dédié à la mémoire de Julius Nyerere, père de l’indépendance de la Tanzanie et fondateur du CCM à Kibaha, près de Dar es Salaam.

Retransmise dans la soirée du lundi 16 juillet 2018, en direct à la radio et à la télévision, l’allocution de John Magufuli a provoqué un tollé au sein de la classe politique.

« Ceux qui s’y opposent auront toujours des problèmes », a-t-il ajouté. « Le CCM est là et continuera d’être là, toujours et à jamais. Membres du CCM, vous pouvez marcher la tête haute. Il n’y a pas d’alternative au CCM », a-t-il lâché en substance.

Vertement critiqué par les défenseurs des droits de l’homme pour sa gestion armée d’autoritarisme, M. Magufuli a récemment pris un décret selon lequel, les prisonniers doivent désormais travailler « jour et nuit » et recevoir des « coups de pied » s’ils font preuve de paresse.

La longévité au pouvoir demeure un virus qui gangrène la société africaine. Les dirigeants africains qui ont pris le pouvoir par les armes ou y ont accédé par la voie des urnes, usent de tous moyens pour y rester.

Dans un continent où l’alternance politique apporte rarement de nouvelles têtes après les élections, certains présidents africains, au pouvoir depuis le siècle dernier, s’accrochent encore à leur fauteuil, quitte à user de subterfuge constitutionnel, quand ils n’ont pas réussi à se faire remplacer par leur fils.

D’autres ont déjà validé le ticket de leur réélection tandis que d’autres encore entendent bien imiter leurs vieux pairs, parfois proche du record continental de 41 ans au pouvoir détenu par l’ancien président gabonais, Omar Bongo.




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