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Tchad: Les signes avant-coureurs d’une guerre civile?

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Le Tchad vit des heures mouvementées depuis le décès d’Idriss Déby. Certains mouvements d’opposition et de la société civile ont annoncé des manifestations ce mardi et de premiers graves incidents ont été signalés. Deux morts sont confirmés. Une semaine de toutes les incertitudes pour ce pays dirigé par un des fils du maréchal?

Le Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par Mahamat Idriss Déby Itno, le fils du défunt chef de l’État, est loin d’être adoubé. Le CMT, qui a nommé son Premier ministre lundi, a également annoncé son intention de ne pas négocier avec les rebelles du FACT. L’opposition a appelé à des manifestations à partir de ce mardi 27 avril.

Pour Thierry Vircoulon, coordinateur de l’Observatoire de l’Afrique australe et centrale à l’Institut français des relations internationales (IFRI), »il faudra même s’attendre à plus d’une semaine« . « Le pouvoir au Tchad attise beaucoup de convoitises et la mort du président Déby a ouvert une course vers le pouvoir. Donc, cela risque même de durer plus d’une semaine« , analyse-t-il dans un entretien à TV5 Monde.

Thierry Vircoulon estime que, pour éviter le chaos au Tchad, les autorités militaires au pouvoir devraient former « un gouvernement où serait représentée, d’une part l’opposition démocratique au Tchad. D’autre part, cela doit être un gouvernement où les principales communautés du Tchad se retrouvent. Il faudrait que ce soit un gouvernement représentatif des diversités ethniques du Tchad, mais aussi que les militaires laissent les principales places aux civils« .

Le spécialiste rappelle que le Tchad n’étant pas une monarchie, le maintien au pouvoir du fils du maréchal risque de créer de vives tensions entre les principaux acteurs de la scène politique tchadienne.  » Déjà, il pourrait y avoir beaucoup de monde qui se liguent contre le maintien au pouvoir du clan Déby. Après, il est clair qu’entre les Goranes, les Arabes et les Zaghawas, chacun risque de pousser ses pions, ses avantages. Et il ne faut pas oublier les Sudistes dans cette équation politique tchadienne. Voilà, les quatre principaux acteurs du jeu politique actuellement. Maintenant, on va voir si ces acteurs sont capables de trouver des compromis. S’il n’y a pas de compromis entre eux, en effet, cela risque d’être déstabilisateur. Il faudrait un système politique qui représente tout le monde et qui puisse équilibrer le pouvoir qui jusqu’à présent était très largement aux mains des Zaghawas« , souligne Thierry Vircoulon.

Le principal défi pour Albert Pahimi Padacké, le Premier ministre nommé lundi par la junte militaire, sera de convaincre l’opposition et la société civile de former un gouvernement d’union nationale dans un intervalle de quinze jours, en cohérence avec la charte de transition. Encore faudra-t-il que les rebelles du FACT acceptent de déposer les armes.




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