Togo: drame à Ramco, témoignage poignant d’un conducteur de taxi-moto !

Les habitants de Ramco, un quartier populaire de la capitale togolaise, a été théâtre hier d’un acte macabre. Il s’agit d’un élève gendarme qui a ouvert le feu sur son collègue et quelques riverains. Que s’est-il réellement passé? Le ministre de la sécurité Yark Damehane et un conducteur de taxi-moto reviennent sur les faits !

La population demeure sur le choc depuis qu’un gendarme, en tenue civile a abattu froidement dans la nuit du jeudi au vendredi, son supérieur et une femme, et blessé bien d’autres.

Témoin de la scène, un conducteur de taxi moto revient sur les faits ce vendredi sur la radio Victoire FM en Mina, langue la plus parlée au sud du Togo.

« J’ai amené une jeune fille aux environs d’une heure du matin près du marché d’Adewui. Lorsque je suis arrivé à BIA Togo à Ramco, un homme en tenue civile m’a fait appel. Il m’a demandé si j’ai vu un soldat en venant. Je lui ai répondu par la négative. Il m’a alors demandé de le remorquer pour  chercher le soldat. Nous sommes arrivés à Uniprix mais nous n’avons trouvé personne. Il m’a encore demandé la voie qu’emprunterait quelqu’un s’il voulait aller à GTA. Je lui ai dit que la personne a 2 possibilités : soit passer de Soted à Cica Toyota ou continuer sur le boulevard de la Kara. Nous avons donc longé la voie et c’est arrivé au niveau d’EAMAU que nous avons vu le soldat qu’il cherchait.Ayant trouvé celui qu’il cherchait, il me demanda de s’arrêter. Je me suis arrêté et il est descendu et a avancé vers le soldat en treillis. A quelques mètres du soldat, il l’a apostrophé amicalement, a sorti son arme et a tiré 4 fois sur lui. Le soldat d’est écroulé par terre », a-t-il rapporté.

Alors qu’il s’attendait à se faire payer les frais du service rendu à quelques mètres de là, le conducteur de taxi moto ne sera payé qu’en balle.

« Quand je l’ai descendu, j’ai avancé de quelques mètres avant le début des coups de feu. Il a donc tiré sur moi mais c’est l’une des jantes de la moto qui a reçu la balle », a-t-il poursuivi avant d’ajouter: « Il y a une cafeteria non loin. Il a avancé vers la cafeteria et j’ai commencé en criant pour alerter ceux qui y étaient assis de se disperser. Là-bas, il a tiré plusieurs fois. Une femme atteinte est tombée ».  

Selon le zedman, l’agresseur ne tirait plus mais arrêtait systématiquement chaque personne qui passait sur une moto qu’il prenait soin de cogner avec son arme.

« J’ai donc accouru au commissariat de Ramco, ils ont fait appel aux bérets verts qui sont à côté. A 3K, le gérant dudit bar l’a cogné au niveau de la tête avec un caillou. Il est donc tombé et les bérets verts lui ont retiré l’arme », conclut la victime.

Intervenant ce matin sur la même radio, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général Damehame Yark, a confirmé les dires du témoin et qualifie l’acte d’ ‘isolé’ et ‘inexplicable’.

Le ministre a déploré cet événement malheureux et présenté ses condoléances à toutes les victimes.

« Le compte rendu qui nous a été fait est qu’un gendarme, vers une heure du matin a quitté le poste en emportant l’arme de son chef qui est un FAC AK 47. Le chef s’est absenté et il l’a suivi pour voir pourquoi et c’est le corps habillé qui a été abattu. Après cela, il a encore ouvert le feu sur des gens qui étaient dans une cafeteria », a-t-il expliqué.

A en croire le Général Yark Damehame, l’élève gendarme souffre d’une « instabilité psychique brutale ». Il poursuit en disant que l’agresseur est actuellement aux arrêts.

« On a demandé au service psychiatrique de commencer par savoir ce qui ne va pas. Un homme normal ne va pas se mettre à tirer sur les gens », précise le ministre.

« Une arme n’est pas un jouet et l’élément ne manifeste pas des signes de démence au départ. Les chefs sont avertis et ils vont rester beaucoup plus vigilants en observant le comportement de leurs éléments », a-t-il tenté de rassurer.

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