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Togo: Pascal Bodjona, le réveil du lion pour 2020 ?

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Une prison demeure une prison, ça laisse des marques. Pascal Bodjona en a fait la mauvaise expérience. C’est une évidence, il a eu la malchance d’apprécier de l’intérieur ce à quoi ressemble une cellule. Cité dans une rocambolesque affaire d’escroquerie « internationale » en septembre 2012, laquelle lui avait couté un séjour carcéral de 525 jours, l’ex-bras droit du chef de l’Etat Faure Gnassingbé est libre depuis le 6 février 2016. Mais pas blanchi des charges qui pèsent contre lui.A l’approche de la présidentielle de 2020, son silence devient de plus en plus inquiétant. Cet homme au physique imposant prépare-t-il discrètement son retour en politique ?  

Il avait pourtant joué les premiers rôles au sein de l’appareil d’État togolais. Son éviction surprise du gouvernement en août 2012, avant le début de ses ennuis judiciaires, ne présageait rien de bon.

Alors premier directeur de cabinet du président Faure Gnassingbé et ministre d’État, occupant le portefeuille de l’Administration territoriale, ce digne fils de Kouméa, après sa libération, a dit tendre la main de la « « miséricorde » à ses « ennemis ».

Mais, visiblement, sa carrière politique est loin d’être terminée. L’année 2020 est décisive au plan politique, et elle approche à grands pas. Pour l’ex-ministre « grand format », c’est probablement le moment idéal pour remonter en scelle. Le mystère entourant son avenir devrait, selon son entourage, être dissipé « très bientôt ».

Après son chemin de croix, celui-là qui jouait les messieurs-bons-offices auprès de plusieurs chefs d’État africains, pourrait bien rebondir sur la scène politique togolaise avec une probable candidature à l’exercice de la fonction suprême, dans le cadre de l’élection présidentielle prévue dans un an.

Etant donné que M Bodjona demeure un animal politique, qui de surcroit
semble bien ancré dans les arcanes du pouvoir, une candidature de sa part fera non seulement redistribuer des cartes en 2020 mais aussi constituera une réelle menace pour le pouvoir de Lomé. Inutile de préciser qu’il continue de jouir d’une certaine aura malgré qu’il soit tombé en disgrâce auprès de Faure Gnassingbé.

L’art de la rhétorique et sa capacité de médiation dont il a toujours fait preuve dans le règlement des crises à répétition entre pouvoir et opposition – quand il était encore aux affaires – lui confèrent certaines qualités – peu enviables – chez son successeur Gilbert Bawara.

Pour rappel, certaines mauvaises langues avaient vu en cette brouille entre Pascal Bodjona et le dirigeant togolais, une sorte de conflit d’intérêt. En termes plus clairs, des spéculations avaient fait état de ce que l’ex porte-parole du gouvernement avait des ambitions présidentielles. Une hypothèse qui ferait trembler sérieusement le fauteuil de Gnassingbé fils.

L’ancien ministre de l’Administration territoriale étant connu pour sa générosité légendaire à la limite d’un philanthrope, distribuant des billets de banque partout il passe. Il était même surnommé « la banque ambulante » par les professionnels de médias.

Eh oui, avec la précarité qui caractérise la vie des millions de foyers togolais, les consciences s’achètent plus facilement et les scrupules se vendent naturellement sur un marché largement dominé par une minorité qui pille les richesses du pays. Le président Faure Gnassingbé en a lui-même conscient.

Selon un article publié en juin 2018 par Jeune Afrique, il s’avère que le chef de l’État reprocherait à Pascal Bodjona d’avoir abusé de sa confiance en se rapprochant de l’opposition. Or, son retrait de la vie politique faisait partie des termes de sa libération, rapporte l’hebdomadaire panafricain.

Contacté alors par JA, Pascal Bodjona dément que sa libération ait été conditionnée par son effacement de la scène politique.

Pascal Bodjona a récemment, faut-il le souligner, travaillé aux côtés d’Albert Kan-Daapah, ministre ghanéen de la Sécurité, chargé d’organiser le dialogue entre les différents acteurs de la crise togolaise.

L’ex tout-puissant ministre a déjà eu plusieurs entretiens avec Faure Gnassingbé et rencontre régulièrement les leaders de l’opposition.

Bodjona va-t-il reprendre du service et affronter son ancien mentor dans les urnes en 2020 ? Les prochains jours nous situeront davantage.







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