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Au Cameroun, des fonctionnaires travaillant en zone de guerre forcés à rejoindre leur poste

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Dans une correspondance adressée au préfet du département du Mayo-Sava dans la région de l’Extrême-Nord en proie aux attaques de Boko Haram, le gouverneur de la localité donne un délai d’une semaine aux fonctionnaires enseignants pour rejoindre leur poste de travail, faute de quoi ils seront sanctionnés.  

Depuis 2014 les incursions des combattants de la secte Boko-Haram venus du Nigeria ont fait fuir de nombreux agents publics. C’est notamment le cas des enseignants dans la région de l’Extrême-Nord Cameroun. Selon l’ONU, 70 écoles dans l’Extreme-Nord  ont dû fermer faute d’enseignants. Parmi ces écoles, 20  sont du département du Mayo-Sava. 

« En 2014, plus de 200 enseignants qualifiés n’ont pas pris leurs fonctions dans ces localités et nombreux sont ceux qui cherchent à être transférés ailleurs en raison de l’insécurité », confiait un responsable du ministère de l’Éducation de base cité par l’ONU.

Même si la situation s’est améliorée depuis lors, avec moins d’attaques des insurgés grâce à l’action de l’armée, les fonctionnaires ne semblent pas vouloir  reprendre service dans les zones comme Kolofata une des zones qui a enregistré le plus grand nombre d’attaques.

Faute d’une meilleure stratégie pour faire redémarrer l’école dans la localité, l’Etat veut frayer un passage en force. C’est ainsi que le 25 octobre dernier, Midjiyawa Bakari le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord,  a fait savoir au préfet du département du Mayo-Sava, sa préoccupation au sujet de la « non résidence des responsables des services publics à Kolofata », la principale ville dudit département.

Le gouverneur déplore le fait que « bon nombre de responsables des services publics et parapublics nommés à Kolofata n’y résident pas. Certains n’y vont que de façon éclair tandis que d’autres passent des séjours prolongés en dehors de leur lieu de résidence par principe ».Il menace ensuite les abstentionnistes de mesures disciplinaires. Et donne  un délai d’une semaine « pour rejoindre Kolofata et d’y résider, faute de quoi ils seront numériquement remplacés ».

Même s’ils sont menacés de sanctions, il sera difficile à ces enseignants de rejoindre leur poste. Certains enseignants évoquent des conditions de vie déplorables et le manque de soutien de l’Etat. « Imaginez que nous sommes affectés à des milliers de kilomètres de nos familles et que nous y vivons sans logements ; sans sécurité et sans primes de risque », déplore un enseignant.

Essama Aloubou




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