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Cameroun : le ministre de l’Administration territoriale en croisade contre la presse

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Accusé depuis quelques jours par les activistes de vouloir arrêter des journalistes, Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale vient de donner l’ordre aux autorités administratives de traquer les professionnels des médias.

Le projet Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’Administration territoriale était encore sous cape, mais les lanceurs d’alertes l’avaient déjà dévoilé. Il y a quelques jours, l’activiste Boris Berthold affirmait que Paul Atanga Nji avait instruit au délégué régional de la police de la région du Littoral, le commissaire Essogo et commandant de la légion de gendarmerie du Littoral, Pierre Aimé Bikele de faire arrêter le journaliste vedette Serge Alain Ottou, de la chaine locale Equinoxe TV.

Selon l’activiste, le ministre reprocherait au journaliste d’être « contre le gouvernement et que la chaine pour laquelle il travaille est proche de l’opposition ». Mais ce projet avait avorté du fait que les responsables de la Gendarmerie et de la Police avaient demandé au ministre de leur produire un document écrit.

Comme pour confirmer ces informations, le  ministre  camerounais de l’Administration territoriale vient d’enjoindre au gouverneur de la région du Littoral de traquer les professionnels des médias. Dans une note ayant en objet : encadrement des organes de communication et des professionnels des médias, Paul Atanga Nji écrit :  

« Il m’a été donné de constater que, de manière récurrente, es médias installés dans votre unité de commandement diffusent des émissions  au cours desquelles les panélistes s’illustrent par des injures à l’endroit du Chef de l’Etat, les Institutions de la République et les Membre du Gouvernement en incitant au passage à la révolte populaire, toutes choses punies par les Articles 153 et 154 du Code Pénal », lit-on dans ce communiqué.

« Il n’est donc pas tolérable d’admettre de telles dérives à répétition susceptibles de porter gravement atteinte à tordre public et é la sécurité de l’Etat. Je vous prescris, en conséquence, de prendre dorénavant vos responsabilités afin de faire respecter les règles déontologiques inhérentes à l’exercice de cette activité, par les organes de communication et les professionnels des médias, en initiant le cas échéant, les procédure appropriées à travers notamment la saisine du Conseil National de la Communication et l’ouverture des enquêtes administratives avec transmission systématique des procès-verbaux y afférents aux autorités judiciaires compétentes », conclut le ministre camerounais.

Depuis plusieurs mois Paul Atanga Nji fait montre d’un acharnement sans précédent sur les hommes de medias. Paul Atanga Nji avait récemment décidé de traquer tous les medias qui ne respectaient pas les sanctions du Conseil National de la Communication (CNC). Une attitude dénoncée par Christophe Bobiokono, directeur de publication et ancien membre du CNC, « il s’agit d’une intrusion du Minat dans un domaine qui ne le concerne pas ». Il poursuit, « le législateur n’a pas placé le Minat dans la position de celui qui doit rendre justice », en matière de communication sociale. En effet, d’après la loi de 1990 sur la communication sociale, les tribunaux sont les seules voies de recours en cas de contestation d’une sanction prise par le CNC. Pour Christophe Bobiokono, le Minat n’est compétent que lorsque le contenu d’un média présente un risque de trouble à l’ordre public.

Essama Aloubou




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