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Cameroun : vers une élection présidentielle anticipée en 2023 ?

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Initialement prévues en 2025 selon la Constitution, les élections présidentielles pourraient plutôt se tenir l’année prochaine pour permettre à Paul Biya, 89 ans, de passer le témoin.

Au Cameroun, l’on s’achemine peut-être vers une élection présidentielle anticipée. Selon plusieurs sources, l’élection présidentielle pourrait se tenir en octobre 2023. Si cette information est restée sous cape depuis longtemps, elle commence à être rendue publique par certains intellectuels et la presse locale. « Elections présidentielles prévues en 2023 au Cameroun. Cela ça se passe en sourdine. L’autre était à Paris pour sa campagne. La triche est dans l’air ! Arrêtez avec le football !! », a écrit l’écrivaine Calixte Beyala sur sa page Facebook.

Cette information tend d’ailleurs à se confirmer au regard de l’actualité politique au Cameroun. Depuis quelques temps, des rumeurs annoncent la tenue prochaine d’un congrès du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) parti au pouvoir. Plusieurs sources indiquent que depuis le mois de septembre 2021, le président national du RDPC, Paul Biya, aurait demandé à ses fidèles de préparer un congrès. Le dernier congrès du parti remonte à septembre 2011. C’est alors qu’une décennie plus tard, les caciques du parti souhaitent un renouvellement de l’élite de la formation politique. Le bureau politique, qui avait prorogé le mandat de  Paul Biya, devra lui-même être renouvelé. La tenue de ce congrès permettra de rééquilibrer le parti. L’on pourrait remplacer la quinzaine de membres titulaires du comité central décédés. Entre autres: Delphine Modjo, Janvier Mongui Sossomba, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, Martin Belinga Eboutou, Simon Achidi achu, Théophile Abega ou Françoise Foning. Et surtout ce congrès sera l’occasion pour le président de la république de prendre sa retraite politique, apprend-on. En même temps, il sera question de designer le successeur de Paul Biya au sein de son parti.

Si plusieurs noms des potentiels successeurs filtrent, celui de son fils ainé Franck Emmanuel Biya, un homme d’affaires de 51 ans qui a autrefois participé à des campagnes électorales de son père, sonne avec plus d’échos. D’ailleurs, pour joindre les intentions aux actes, ce dernier a, comme son père, engagé une tournée politique dans la région du septentrion. Une tournée qui s’est soldée par un bilan mitigé entre ceux qui pensent que le fils de Paul Biya a été adoubé par cette région à fort potentiel démographique et ceux qui soutiennent que sa tournée a été un flop.

Dans tous les cas, les signaux d’une élection anticipée se dessinent de plus en plus. Ce d’autant plus qu’à 89 ans, Paul Biya, dont la santé paraît fragile, cultive la discrétion. Ses apparitions publiques sont rares. L’une des dernières remonte au 26 juillet 2022, lors de la visite à Yaoundé d’ Emmanuel Macron. Au sein du sérail, « on veut éviter le scénario qu’ont connu les autres pays. A savoir que le président meurt au pouvoir. Cela est souvent susceptible d’entrainer les troubles dans le pays », note un apparatchik du système.  

Essama Aloubou




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