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Médias fermés au Niger: le gouvernement réfute toute volonté de museler la presse

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Plusieurs entreprises de presse ont été, depuis trois semaines, mises sous scellés au Niger pour non-payements des impôts. Les services des Impôts imposent des paiements  allant de 8 à 40 millions aux organes de presse touchés par ces mesures de fermeture.

A en croire certaines organisations de la presse privée, cette méthode de recouvrement d’impôts peut être perçue comme une volonté manifeste des autorités nigériennes de vouloir réduire en silence, les organes mis en cause.

Des allégations rejetées par le ministre de la Communication qui réfute toute volonté de l’Etat de bâillonner des médias « trop critiques à l’égard du pouvoir ».

« La direction générale des impôts a voulu vérifier un tout petit peu toutes les entreprises de presse. Ce n’est vraiment pas au niveau de l’Etat, au niveau du ministère de la Communication, c’est exclusivement du ressort de la Direction générale des impôts. C’est du ressort technique, mais nous en tant que responsables politiques, en tant que responsables de l’Etat, nous ferons en sorte d’être justes. Je vais voir avec le Conseil supérieur de la communication et les responsables de presse, des médias, les besoins de la presse, dans quelles conditions nous pourrons trouver une solution. En tout cas, nous allons voir comment c’est possible pour ne pas montrer, que nous, le gouvernement, nous ne faisons rien du tout pour régler cette question », a déclaré au micro de RFI,  Habi Mahamadou Salissou, qui promet de lancer dès ce lundi des consultations avec toutes les parties pour, dit-il,  trouver une solution.

Une annonce du ministre, saluée par le Syndicat des travailleurs de l’information et de la communication (Synatic), qui dit attendre la suite, tout en dénonçant la mauvaise gestion de l’Etat nigérien.

« Depuis le début de la démocratie au Niger, il y a de cela plus d’un quart du siècle, on n’a pas assisté à une fermeture en cascade des organes des médias sous un prétexte de non-paiement d’impôts. Ça, c’est une première. Si c’est de l’argent que l’Etat a besoin, l’Etat connait très bien où se trouve l’argent parce que c’est ce même Etat, l’Etat du Niger, qui a de façon volontaire également cette année a décidé d’octroyer des cadeaux de l’ordre de plusieurs milliards à des multinationales. Je prends l’exemple des compagnies de téléphonie. Donc si c’est de l’argent qu’on a besoin, c’est là-bas à ce niveau qu’il faut plutôt chercher l’argent, pas avec des entreprises qui luttent pour leur survie. Mais ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est le fait que cela cible surtout des médias indépendants, des médias privés », estime Moudi Moussa, secrétaire général adjoint du Synatic, toujours au micro de RFI.

Ces mesures de fermeture des médias, faut-il le souligner, viennent fragiliser un peu plus le secteur déjà en difficulté. Au Niger, faute d’assise financière, beaucoup de médias n’arrivent pas payer régulièrement les salariés et les autres charges de fonctionnement.

A rappeler également que  ladite décision de fermeture intervient alors que  les organes des médias comptent trois (03) années d’arriérés de fonds d’aide à la presse (2015, 2016, 2017).

 

 

 

 




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