Nigeria : le juge anti-corruption accusé de corruption

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Au Nigeria, le premier magistrat nigérian chargé des affaires de corruption à l’encontre de fonctionnaires a lui-même été accusé de corruption, selon des documents judiciaires.

La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), l’agence anti-corruption nigériane, a accusé Danladi Umar pour avoir réclamer 10 millions de nairas (plus de 14 millions de F CFA) à un suspect « pour rendre un service ultérieur en relation avec un dossier en suspens ». Mais pas que. En 2012, la même personne aurait reçu 1,8 million de nairas du même suspect, par le biais de son assistant, « en relation avec le cas qu’il traitait », révèle la presse locale.

Le juge Umar, qui préside le Tribunal du code de conduite du pays, une cour spéciale chargée de juger les dossiers de fausses déclarations de patrimoine et de revenus, avait acquitté l’an dernier le président du Sénat, Bukola Saraki, accusé de corruption lorsqu’il était gouverneur de l’Etat du Kwara, de 2003 à 2011. Les soupçons contre le juge Umar ont fait surface lors de cette procédure et se sont intensifiés lors de l’acquittement de M. Saraki en juin 2017. Le dossier de M. Saraki, troisième personnage de l’Etat, est l’un des plus en vue de la campagne anti-corruption lancée par le président Muhammadu Buhari arrivé au pouvoir en 2015.

En effet,en 2016, le président Nigérian Muhammadu Buhari s’était avoué non satisfait du travail accompli dans son pays en matière de corruption. Il avait déclaré que les juges doivent être conscients des sensibilités du public et prendre des mesures pour éviter des doutes sur leur indépendance.

Le président avait également déclaré que le pouvoir judiciaire doit prendre des mesures pour s’assurer qu’il n’était pas perçu comme étant partisan. « En justice, l’intégrité est une nécessité. Par conséquent, les huissiers de justice et tous les autres membres de ce secteur doivent toujours faire preuve d’une intégrité manifeste », a-t-il déclaré, avant d’ajouter, « je crains que les attentes du public ne soient pas encore satisfaites par le pouvoir judiciaire ».

Il avait d’ailleurs espéré que le scénario change pour que son administration réussisse dans sa lutte contre la corruption, lui qui avait fait de cet engagement l’une des principales priorités de son administration dans l’espoir de restaurer l’économie et de construire un nouveau pays.

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