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Algérie : quand une croisade contre les articles « LGBT » choque les internautes  

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En Algérie, la communauté LGBT fait face à l’intolérance. Les autorités ont réaffirmé leur refus de dépénaliser l’homosexualité.

Alors que cette « minorité sexuelle » déplore « l’hypocrisie qui continue à régner », une campagne contre la vente d’articles aux couleurs LGBT, a été lancée le 3 janvier 2023 sur toute l’étendue du territoire.

Voulue par le ministre du Commerce, Kamel Rezig, cette « croisade » contre les couleurs LGBT durera toute une semaine et, pour les besoins de cette « cause sacrée », le ministère a mobilisé les 9 directions régionales et les 58 wilayas du pays.

Lors d’une allocution prononcée le 2 janvier au siège du ministère à Alger, renseigne Jeune Afrique, Kamel Rezig a fait part de sa détermination à en finir avec « ces produits sur lesquels sont apposés des symboles et des couleurs qui portent atteinte à la religion et aux valeurs morales du peuple algérien ».

En application de l’article 19 de loi 03-09 relative à la protection du consommateur et à la répression des fraudes, souligne la même source, ce dernier a fièrement exhibé la saisie de 38 542 articles portant ces couleurs et symboles, dont des articles scolaires, des jouets d’enfants ainsi que 4 561 exemplaires du Coran.

Aux yeux du ministre, ces symboles et couleurs ciblent les jeunes générations.

Sur les réseaux sociaux, l’initiative choque et étonne.  Le pays n’a-t-il pas d’autres priorités ? S’interrogent certains acteurs.

« C’est fini les couleurs, c’est fini l’arc-en-ciel », ironise Kaci Tansaout, un militant politique, sur sa page Facebook.

« Comme s’il n’y avait que ça à faire au ministère du Commerce », glisse Ramdane Iftini, libraire et réalisateur, avec Sami Allam, du film documentaire Hnifa, une vie brûlée consacré à la chanteuse kabyle décédée en 1981 en France.

Scandalisée, la scénariste et réalisatrice Sofia Djama n’a pas caché sa colère : « Et que fera Rezig un beau jour de pluie ensoleillé ? La régression, le sous-développement, l’obscurantisme, l’ignorance, la médiocrité, le repli, le populisme, l’extrémisme (…). Chaque jour l’Algérie est humiliée un peu plus à cause de ce genre de décisions », s’est-elle emportée lâchant, dans une vidéo, avoir « honte », et reprochant au ministre de porter des « discours obscurantistes, populistes et de repli ».

« Bravo !!! Rezig veut islamiser le commerce algérien, pour cacher son incompétence !!! », a raillé un autre internaute.

L’homosexualité est considérée comme un délit par la loi algérienne. L’article 338 stipule que « tout coupable d’un acte d’homosexualité est condamné à un emprisonnement de deux mois à deux ans, et au paiement d’une amende qui varie entre 500 à 2000 dinars ».




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