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Cameroun : en violation de la loi, les autorités scellent certains médias aux prises avec le Conseil National de la Communication

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Les organes de presse concernés, sont accusés d’avoir bravé les sanctions du Conseil National de la Communication, le régulateur étatique des médias.

Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’administration territoriale est décidé d’en découdre avec « les organes de presse récalcitrants ». Après avoir sommé les médias de respecter les sanctions du Conseil National de la Communication(CNC), Paul Atanga Nji a finalement posé les scellés sur certains médias entêtés.

Hier jeudi, c’est la radio RIS FM, une radio qui émet à Yaoundé qui a fait les frais.

En juillet dernier, Sismondi Barlev Bidjocka, le promoteur de cette radio avait été suspendu pour trois mois par le CNC. Le régulateur des medias camerounais reproche à ce promoteur la diffusion, « d’une séquence révélant une conversation à caractère érotique dans une relation intime entre un professeur d’établissement scolaire de Yaoundé et son élève ».

Pour le CNC, la diffusion de cet audio dans le programme « éditorial » le 07 juin 2022, portent atteinte à la pudeur et aux mœurs et à l’éthique morale.

Mais le journaliste avait refusé de se plier aux sanctions du Conseil National de la Communication. Malgré les mises en garde du ministre camerounais de l’administration territoriale qui avait promis de « donner des instructions aux gouverneurs, préfets et sous-préfets d’accompagner le CNC dans l’exécution des décisions prises », la radio avait continué de diffuser. Après la radio RIS FM, d’autres médias vont suivre, promet l’administration territoriale.

Mesure illégale

Depuis le lancement de ses activités en 2011, le CNC fait face à la défiance des médias et des journalistes. À plusieurs reprises, les sanctions prises par le régulateur, à l’encontre des journalistes et les medias n’avaient pas été respectées, d’où l’appel au secours de l’administration territoriale lancé en aout dernier par Joseph Chebonkeng, le président CNC.

Mais pour Christophe Bobiokono, directeur de publication et ancien membre du CNC, « il s’agit d’une intrusion de l’administration territoriale dans un domaine qui ne le concerne pas ».

Selon lui, « le législateur n’a pas placé l’administration territoriale dans la position de celui qui doit rendre justice », en matière de communication sociale. D’après la loi de 1990 sur la communication sociale, les tribunaux sont les seules voies de recours en cas de contestation d’une sanction prise par le CNC.

Pour Christophe Bobiokono, le Minat n’est compétent que lorsque le contenu d’un média présente un risque de trouble à l’ordre public.

En plus le directeur de publication du journal Kalara pense que cette mesure est inefficace, du fait que certains médias concernés n’ont pas de siège.

Essama Aloubou




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