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Togo : suspension de trois journaux, le SYNJIT convie la HAAC à reconsidérer sa triple sanction

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Communiqué N13 du SYNJIT

Le SYNJIT (Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo) a appris, avec un grand regret, la suspension le 23 mars 2020 de 2 journaux togolais, ‘L’Alternative’ (pour deux mois) et ‘Liberté’ (pour deux semaines) par la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication), suite à une plainte de l’ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy.

Le 30 mars 2020, la HAAC a appliqué « une 3e mesure disciplinaire similaire au journal ‘Fraternité’, le suspendant pour 2 mois», pour publication d’un article dénonçant ses sanctions du 23 mars. 

En effet, dans sa parution N°869 du 28 février 2020, le bi-hebdomadaire ‘L’Alternative’ titrait : «Françafrique et soutien aux dictateurs : Franck Paris, l’intrigant». Le quotidien ‘Liberté’, pour sa part, a écrit dans son N°3116 du 3 mars 2020 : «Marc Vizy, l’autre ennemi de la démocratie au Togo». L’ambassadeur de France au Togo, qui a déposé une plainte devant la HAAC, a estimé que les deux articles sus-cités contiennent des «diffamations à son endroit, tout comme à l’endroit du Conseiller Afrique de l’Elysée et du Président français, Franck Paris».

En outre, Marc Vizy, tout en mentionnant dans sa plainte vouloir régler l’affaire à l’amiable, a indiqué qu’il ne comptait pas envoyer de droit de réponse aux deux journaux, et a demandé à l’institution de régulation des médias au Togo de sanctionner les deux confrères en vertu des textes en vigueur. Selon le Code de la presse et le Code de déontologie du métier de journaliste au Togo, toute personne physique ou morale qui s’estime lésée par une production journalistique a la latitude d’adresser un droit de réponse à l’organe auteur de la production précitée. Un droit de réponse que le média indexé ne peut se refuser de publier/diffuser.  

La HAAC, institution de régulation qui a pour vocation la protection de l’exercice de la liberté de presse, aurait pu jouer l’entremetteur entre le diplomate et les rédactions de ces deux journaux en vue de la publication de ce/ces droits de réponse, selon les règles professionnelles qui encadrent l’exercice du journalisme au Togo. 

Le SYNJIT (Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo), soucieux de l’amélioration du quotidien des employés du secteur de la presse au Togo, déplore l’apparent empressement avec lequel la HAAC a sanctionné ces 3 journaux.

Au moment où le monde entier en général, et notre pays le Togo en particulier font face à la pandémie du COVID-19, avec son lot de personnes infectées et de morts, la suspension de ces 3 journaux privés ampute la corporation de canaux utiles de sensibilisation contre ce virus, au regard de leurs audiences dans le lectorat local. Dans un paysage médiatique togolais dans lequel la mise en place de véritables entreprises de presse n’est pas encore une réalité, la sanction susmentionnée est ainsi à même de contribuer à la précarisation des emplois dans ce secteur.

Le SYNJIT invite pour ce faire la HAAC à reconsidérer d’une part sa triple sanction dans le souci d’une recherche par les parties d’un terrain d’entente, suivi d’un règlement à l’amiable de ces 3 affaires. D’autre part, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo convie ses membres et tous les employés du secteur des médias en terre togolaise à ne jurer que par le professionnalisme, à tout instant, dans l’exercice de leur métier. 

Fait à Lomé, le 1er avril 2020

Le Secrétaire Général Adjoint

Patrick Degbevi

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