Togo: les patrons de presse qui exploitent les journalistes bientôt démasqués

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Ils sont les premiers à condamner les conditions de travail dans différents secteurs d’activité. Qu’en est-il de leur propre sort? Le constat, tel que relaté par le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT), est alarmant. Pis, les confrères journalistes sont (malheureusement) exploités par leurs propres patrons. Tout en condamnant ces comportements malsains des patrons de presse, le SYNJIT menace de divulguer leurs noms s’ils ne prennent pas le plus tôt possible, leur responsabilité.

Communiqué Nº 001/2019 du SYNJIT 
(relatif à la situation des camarades journalistes employés privés de salaires)

Le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) a été saisi ces dernières semaines par plusieurs camarades journalistes employés qui se plaignent de la précarité de leurs conditions de vie et de travail dans les organes (presse écrite, presse en ligne, radios et télévisions) qui les emploient. Non seulement leurs conditions de travail laissent à désirer, mais aussi ces camarades travaillent en accumulant des mois successifs sans rémunération.

Les investigations faites par le Bureau exécutif de notre Syndicat ont confirmé, avec tristesse et émoi, l’état des lieux des conditions inhumaines et contraires à toutes les dispositions du Code de travail et du Code de la presse dans lesquelles ces confrères sont employés et vivent.

Dans plusieurs organes, des journalistes se retrouvent avec 6 voire 12 mois d’arriérés de salaire. D’autres, plus. D’autres encore cumulent des mois de piges impayés. Des arriérés évalués pour certains jusqu’à un, deux millions de FCFA voire plus, alors même que ces confrères ont des obligations familiales auxquelles ils doivent faire face quotidiennement.

Comment peut-on espérer d’un journaliste d’être professionnel et de se concentrer sur son travail, s’il travaille des mois successifs sans être payé ? Alors que tous ensemble, depuis les «États généraux de la presse en 2014», nous avons fait le pari du professionnalisme, de travailler à faire taire le phénomène de «la mendicité» de plusieurs journalistes sur les lieux de reportage, le SYNJIT trouve inadmissible que des patrons de presse se donnent le vilain plaisir d’exploiter leur collaborateurs de la presse privée sans vergogne.

Un journalisme professionnel, respectueux des règles déontologiques et éthiques passe fondamentalement par de bonnes conditions de vie et de travail de ceux qui l’exercent, tout particulièrement les employés. Et ceci devrait être le souci primordial des patrons de presse qui sont les premiers bénéficiaires des fruits du travail de leurs rédactions. Le SYNJIT condamne cette attitude ‘esclavagiste’ des patrons qui s’adonnent à ces comportements et les appelle à prendre leurs responsabilités en mettant fin à la souffrance des camarades qui accumulent des mois de travail sans salaire.

Le SYNJIT s’abstient pour l’instant de porter sur la place publique les noms de ces patrons, espérant que très vite, des dispositions seront prises pour un renversement de la situation financière de leurs employés.

Le SYNJIT invite tous les journalistes qui vivent des situations pareilles à saisir promptement son Bureau exécutif pour des actions concrètes, en envoyant un mail à l’adresse synjitogo@gmail.com. 

C’est le lieu de rappeler l’urgence de la signature de la «Convention collective» tant attendue et pour laquelle travaille d’arrache-pied le SYNJIT depuis cinq ans, avec objectif cardinal une formalisation, dans les meilleurs délais, des relations de travail dans la presse togolaise. 

Le SYNJIT convie à nouveau à cet effet, le ministre de la Communication, des Sports et de l’Education à la citoyenneté et au Civisme à réactiver le Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations des «États généraux de la presse» (en veilleuse depuis des mois), afin que le projet de la «Convention collective» soit examiné collégialement. Tout en remerciant les camarades journalistes employés pour leur confiance, le SYNJIT les appelle à rester mobilisés et à se tenir prêts pour de prochaines actions concertées.

Fait à Lomé le 14 juillet 2019

Le Secrétaire Général

Isidore KOUWONOU

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