Ouganda: Bobi Wine, la bête noire du régime « vieillissant » de Museveni

Partagez ceci :

Il donne de l’insomnie à Yoweri Museveni, 74 ans. Farouche opposant à son régime, le député d’opposition Bobi Wine, 37 ans, se proclame « président du guetto ». Voulant à tout prix empêcher le président ougandais à briguer un 6è mandat, le chanteur de reggae a annoncé mercredi 24 juillet 2019 lors d’un meeting à Kampala, sa candidature à la présidentielle de 2021.

« Au nom du peuple d’Ouganda, je vous défie [Yoweri Museveni] lors d’une élection libre et juste en 2021 », a déclaré Robert Kyangulanyi alias Bobi Wine, comme rapporté par Jeune Afrique.

Empreintes de slogans politiques, ses chansons sont censurées en Ouganda. Et face à sa notoriété grandissante, les autorités ougandaises l’ont à plusieurs reprises empêché de se produire en public. 

Mais dans la foulée, il demeure une icône d’une jeunesse désenchantée, et un féroce détracteur du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 33 ans.

Alors qu’il pouvait déjà se prévaloir d’une belle carrière musicale dans le reggae commencée une quinzaine d’années plus tôt, Bobi Wine fut élu député en juillet 2017.

Il a été arrêté ou assigné à résidence à plusieurs reprises, notamment dans le cadre de son inculpation pour avoir organisé un rassemblement illégal en juillet 2018. Des poursuites qui selon lui, sont à motivations politiques.

Le député d’opposition a par ailleurs été arrêté et inculpé de trahison, à la suite du caillassage du convoi du président Museveni en marge d’une élection législative partielle à Arua (nord), le 14 août 2018, remportée par le candidat de son parti face à celui du pouvoir, renseigne notre source.

Dans les échauffourées qui avaient suivi ce jour-là à Arua, renseigne JA, la police avait ouvert le feu et tué le chauffeur de Bobi Wine. Le député a assuré avoir été torturé lors de sa détention provisoire en août 2018, ce que les autorités démentent.

Son arrestation et son inculpation avaient entraîné des manifestations violemment réprimées par la police et l’armée.

Méfiant, le parti au pouvoir, le Mouvement de la résistance nationale (NRM), a appelé en février dernier le président Museveni à « continuer à diriger le mouvement et l’État en 2021 et au-delà pour éliminer les freins à la transformation » du pays.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *