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Togo : les circonstances probables de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO

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Dès les années 1940, Sylvanus Olympio apparaît comme le principal initiateur d’un courant autochtone soucieux de l’avenir du Togo qui va devenir indépendantiste.

Le 8 décembre 1946, Sylvanus Olympio est élu député et président (cinq ans durant), de la première assemblée représentative du Togo, après que son parti (CUT Comité pour l’Unité Togolaise) ait raflé la presque totalité des sièges.

Pour contrer l’évolution indépendantiste du CUT, l’administration française :

 fait muter Olympio à Paris par son employeur

 fomente une scission et un concurrent au CUT

 traduit Olympius devant la justice qui lui réclame cinq millions de francs d’amende et lui ôte ses droits civiques

Le 27 avril 1960, l’indépendance du Togo est proclamée.

Le 9 avril 1961, Sylvanus Olympio est élu premier président de la République du Togo.

A Paris, le pouvoir gaulliste craint que l’autonomie politique d’Olympio, peu susceptible de sympathie socialiste mais attaché aux intérêts du Togo lui-même, ne le conduise à mettre en danger les intérêts économiques français.

Le samedi 12 janvier 1963, vers 23 heures, des soldats français démobilisés de la Guerre d’Algérie, pénètrent dans la maison du président. Sa femme ayant entendu le bruit et des tirs ayant raisonné, Sylvanus se cache dans une vieille voiture de l’ambassade américaine, jouxtant sa résidence. Les « soldats » fouillent partout à la recherche du président et emportent tous les objets de valeur. Au petit matin, n’ayant pas trouvé celui-ci, ils en informent l’ambassadeur de France.

En métropole, les medias informés par le pouvoir ont déjà annoncé la mort d’Olympio. Il faut donc le trouver rapidement et l’exécuter sinon le gouvernement va se trouver en position très inconfortable. L’Ambassadeur français appelle son homologue américain pour lui demander si Olympio ne se serait pas réfugié dans ses locaux vu qu’ils jouxtent sa demeure. Les Américains trouvent dans leur ambassade le président togolais et en informent les Français qui envoient aussitôt leurs mercenaires pour récupérer le président, conduit alors dans la caserne du régiment français interarmes où il est rapidement exécuté.

La version officielle impute le meurtre au sous-officier Eyadéma qui remplacera plus tard Olympio comme président.

L’affaire vient de rebondir ce 7 septembre 2011 avec la révélation d’un témoin affirmant que c’est un gendarme français qui a mis fin aux jours du président élu du Togo. Voir ci-dessous…

Jacques Serieys

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