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Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa, la rupture ou la continué du régime Mugabe ?

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Elu président du Zimbabwe dès le premier tour de la présidentielle, Emmerson Mnangagwa s’en sort avec une faible majorité avec 50,8% contre 44,3% pour l’opposition. Un score peu reluisant qui laisse transparaitre que les attentes des Zimbabweens sont légion.

Alors que la cérémonie d’investiture pourrait avoir lieu dimanche 12 août ou dans les jours qui suivent, selon les autorités locales, l’interrogation majeure demeure la configuration du prochain gouvernement.

Y aura-t-il autant de militaires dans son gouvernement que dans l’actuel ? Va-t-il être le président de la continuité du régime Mugabe ou de la réforme ? Autant de questions que l’opinion se pose.

Se prononçant sur le premier point, le chercheur Stephen Chan soutient que « de sérieuses luttes de pouvoir sont en cours entre l’armée et les civils pour faire partie de ce gouvernement et peser sur la politique à venir ».

« Elu dès le premier tour et avec deux tiers des sièges au Parlement, le chef de l’Etat a les mains libres. Reste à voir, s’il va céder ou non aux demandes de l’aile dure de son parti », ajoute-t-il.

Sur le second point, voici l’analalyse de Stephen Chan: « Je pense qu’il y a beaucoup de pression extérieure pour que Mnangagwa soit plus inclusif, qu’il nomme un ou deux ministres de l’opposition dans son gouvernement. Est-ce qu’il le fera est une autre question. Le gouvernement et la Zanu PF sont divisés entre l’aile dure qui veut revenir à la politique de l’ancien régime et ceux qui le prennent au mot et veulent un gouvernement plus réformiste, plus inclusif, et ouvert ».

Il est à noter que tout au long de sa campagne, l’ancien bras droit de Robert Mugabe s’est présenté comme le candidat du changement et de l’ouverture sur l’étranger.

Là encore, les élections qui représentaient un test grandeur nature pour Emmerson Mnangagwa, ont été écornées par les violences de la semaine dernière, alors que le nouveau chef de l’Etat cherche à renouer avec la communauté internationale.

Une opération de séduction ratée pour le nouveau président, selon certains médias internationaux. Et pourtant, le scrutin s’est bien déroulé dans le calme.

Selon le chercheur Thierry Vircoulon, interrogé par RFI, les images de l’armée réprimant violemment une manifestation de l’opposition la semaine dernière auront teinté l’image du nouveau chef de l’Etat.

« C’est déjà préjudiciable au président Emmerson Mnangagwa et à sa politique de dire que le Zimbabwe « is open for business » et que c’est un nouveau Zimbabwe, etc. On a vu qu’en fait, le nouveau Zimbabwe ressemble beaucoup à l’ancien. Il y a des éléments de continuité, et ce qui s’est passé dans le passé ici, c’est-à-dire que des investisseurs ont perdu leur argent parce que le régime l’avait décidé, reste une inquiétude », estime ce dernier, au micro de la radio mondiale.

La même source renseigne que plus de 80% de la population est au chômage, la croissance est quasi nulle, la production manufacturière et agricole du pays s’étant écroulée ces 20 dernières années.

Le président Mnangagwa comptait sur des élections réussies pour mettre fin à l’isolement de son pays et attirer des investisseurs. Mais, a en croire nombre d’observateurs,  il est peu probable que les malheureux évènements post-électoraux de la semaine dernière les aient convaincus d’un réel changement.

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