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Centrafrique : les manœuvres de Touadera pour contrôler la Cour constitutionnelle 

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Après avoir tenté une mise à la retraite, dès le 31 décembre prochain, de la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan, le chef de l’Etat centrafricain se sert de ses partisans pour intimider les membres de la juridiction qui veille au respect de la constitution.

Archange Touadera fait feu de tout bois pour prendre le contrôle de la Cour constitutionnelle, après que celle-ci a rejeté son projet de modification de la constitution. Il y a quelques jours, le gouvernement a annoncé vouloir mettre à la retraite la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan. Une mise à la retraite prévue le 31 décembre prochain selon les autorités.

Après avoir été informée de cette volonté du gouvernement, Daniele Darlan, 70 ans,  a riposté en affirmant qu’elle va poursuivre son mandat jusqu’à son terme, en mars 2024.

Pour se défendre, Danièle Darlan s’appuie sur plusieurs articles de la Constitution du 30 mars 2016. Sur cette base, elle rappelle d’abord que « la durée du mandat des juges constitutionnels est de sept ans », comme stipulé dans l’article 99.2 de la Constitution. Elle met également en avant que selon l’article 102, « les membres de la Cour constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur mandat » et qu’ils « ne peuvent être ni poursuivis, ni arrêtés, sans autorisation » de la plus haute juridiction du pays en matière constitutionnelle.

Malgré cette ténacité de la présidente de la Cour constitutionnelle, les partisans de Touadera ont organisé des manifestations pour demander un referendum constitutionnel et permettre au président actuel de briguer un troisième mandat. Organisé par le Front républicain, proche du pouvoir, ce rassemblement a réuni « plus de 15 000 » personnes. Dénoncée par l’opposition, la manifestation a aussi servi de tribune aux partisans de l’homme fort de Bangui pour passer le message à la Cour constitutionnelle. Sur des pancartes brandie par les manifestants proche de Touadera, on pouvait lire : « osez, on vous tue ». Des menaces dénoncées par  les juges dans une déclaration rendue publique. En plus de ces messages, les membres de la Cour constitutionnelle se plaignent également des « pressions de nature diverse exercées par certaines autorités et certains médias ». Ils se disent également victimes de violences verbales et appellent le président de la République à veiller au respect de la Constitution et à l’indépendance de la justice.

Ces manœuvres d’Archange Touadera interviennent après que la Cour constitutionnelle a rejeté le projet de modification de la constitution et celui de l’adoption de la crypto monnaie nationale. Des manœuvres qui ne sont qu’une « démarche de vengeance pure et simple », dénonce le porte-parole de la plateforme, l’opposant et député Martin Ziguélé.

Essama Aloubou




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