Gabon: santé d’Ali Bongo, des médias censurés dont RFI !

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Évoquer la santé du chef de l’Etat au Gabon, peut s’avérer périlleux. Ali Bongo Ondimba est-il en possession de toutes ses facultés ? La question alimente toutes les discussions dans ce pays de l’Afrique centrale. Si l’opposition et la société civile restent convaincues de son incapacité à assumer ses fonctions suprêmes, le pouvoir, lui, soutient le contraire.

Alors que la présidente de la Cour d’appel de Libreville, qui devait se pencher lundi sur une demande d’expertise médicale visant le président Ali Bongo, a été suspendue de ses fonctions, Yves-Laurent Goma, un journaliste de RFI s’est vu retirer son accréditation, informe France 24. Et ce, pour une durée de deux mois.

L’autorité de régulation des médias juge « mensonger » un reportage publié samedi 17 août sur le site internet de la radio française qui mettait en cause, selon elle, « l’intégrité physique » du chef de l’État gabonais.

Dans son reportage relatant la cérémonie de la Fête de l’indépendance à Libreville, le 17 août dernier, Yves-Laurent Goma écrit notamment :

« Le président de la République ne s’est à aucun moment levé comme autrefois pour saluer les troupes de l’armée ».

La HAC a aussitôt dénoncé des « informations inexactes avec insinuation malveillante (…)”. Le président, « conformément aux directives du protocole d’État, s’est levé chaque fois que nécessaire », poursuit le texte de la décision.

La veille, des caméras de médias internationaux l’avaient filmé lors d’une cérémonie commémorative à Libreville, marchant sur un tapis rouge à l’aide d’une canne et traînant son pied droit.

Dans un communiqué sur son site internet, renseigne France 24, la direction de RFI, “attachée à la liberté d’information”, a vivement déploré la décision visant son correspondant et a souhaité qu’il retrouve “au plus vite son autorisation de travail afin qu’il continue de couvrir l’actualité gabonaise, comme il le fait sans discontinuer depuis 17 ans ».

RFI n’est pas le seul média à avoir été censuré au Gabon. La HAC a également suspendu pour trois mois l’un des principaux sites privés d’information en ligne du pays, Gabon Review, lui reprochant d’avoir nui à l’image de l’institution “par des insinuations malveillantes” dans un article publié début août.

« Les médias qui osent critiquer le président ou ses proches s’exposent à des sanctions presque systématiques », avait estimé fin juin l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF).

De retour à Libreville en février, des vidéos de lui filmées par des proches au palais présidentiel n’ont pas rassuré l’opinion publique. Le débat sur son aptitude à diriger le pays a donc été relancé en mars 2019 par le collectif “Appel à agir”, qui regroupe des leaders de l’opposition et de la société civile.