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Macron – Erdogan: Les dessous d’une escalade verbale

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Décidément, les relations diplomatiques entre la France et la Turquie ont pris un sérieux coup! Ce weekend, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a remis en cause la “santé mentale” de son homologue français, Emmanuel Macron, après que ce dernier avait clamé que la France ne renoncerait “jamais aux caricatures”.

Lors de l’hommage national à l’enseignant Samuel Paty décapité il y a un peu plus d’une semaine par un jeune de 18 ans, Emmanuel Macron s’était montré ferme. “Rien ne nous fera reculer, jamais”, avait-il tweeté. « Nous ne renoncerons pas aux caricatures« , avait clamé le président français. De quoi susciter une vague d’indignations et de réactions à travers le monde arabo-musulman où de nombreux appels au boycott des produits français ont été lancés.

Aux premières loges, Recep Tayyip Erdogan. Le président turc connu pour ses écarts de langage n’a pas fait dans la dentelle pour épingler Emmanuel Macron qu’il trouve “mentalement malade”. « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : ‘allez d’abord faire des examens de santé mentale« , a réagi samedi le président turc qui a rappelé que « Macron a besoin de se faire soigner« .

Qu’est-ce qui explique donc cette violence verbale du président turc à l’encontre de son homologue français?

La question religieuse

D’abord, il y a la publication des caricatures de Mahomet que la Turquie et par-delà le monde arabo-musulman considère comme une provocation. Il y ensuite le projet de loi sur le séparatisme qui sera adopté le 9 décembre prochain par l’Assemblée nationale française. Un texte qui vise à structurer l’islam. “Qui es-tu pour parler de structurer l’islam ? avait martelé Erdogan début octobre. C’est de l’insolence et c’est dépasser les bornes. »

Le Haut-Karabakh et la Libye

Depuis son indépendance en 1991, suite à l’éclatement du bloc soviétique, la région du Haut-Karabakh, dans le Caucase, connait une stabilité relative après le premier conflit qui avait fait plus de 30.000 morts et plusieurs déplacés. Mais, depuis le début de l’année 2020, cette paix fragile a pris un sérieux coup avec la reprise des affrontements entre le Haut-Karabakh (peuplé d’Arméniens) et l’Azerbaïdjan soutenu par la Turquie.

D’un autre côté, en Afrique, la guerre géopolitique entre la France et la Turquie se joue en Libye. Au mois de juin, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a condamné « le soutien militaire croissant » de la Turquie au gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli, mené par Fayez El-Sarraj, « violation directe de l’embargo des Nations unies ». La Turquie a rejeté ces critiques, accusant à son tour Paris de faire « obstacle à la paix«  en appuyant le camp adverse, représenté par le maréchal Khalifa Haftar.

La Méditerranée orientale et ses gisements de gaz

La Grèce et la Turquie se disputent des zones économiques exclusives en Méditerranée orientale. Des dirigeants européens dont Emmanuel Macron ont appelé la Turquie à mettre fin à ses “activités unilatérales”. Injonction à laquelle Recep Tayyip Erdogan a répondu par une mise en garde sévère: “ne cherchez pas querelle au peuple turc”.

L’Otan et le dossier syrien

Le conflit syrien est aussi un terrain sensible sur lequel se joue la guerre géopolitique entre Ankara et Paris. Emmanuel Macron, qui voit d’un mauvais oeil l’omniprésence de la Turquie en Syrie en soutien au président Bachar al-Assad, déplore la mauvaise gestion de l’Otan du fait du manque de coordination entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique. Répondant au président français qui, en novembre 2019, évoquait une “mort cérébrale de l’Otan”, Erdogan s’était montré très amer. « Je m’adresse depuis la Turquie au président français Emmanuel Macron, et je le redirai à l’Otan : ‘Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale. Ces déclarations ne siéent qu’à ceux dans ton genre, qui sont en état de mort cérébrale« , avait-il réagi.

Recep Tayyip Erdogan est actuellement en tournée dans les provinces du centre et de l’est de la Turquie. Et insulter le président français, Emmanuel Macron, est la recette idéale toute trouvée pour rehausser son prestige altéré depuis la mise en place de sa politique drastiquement liberticide.

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