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Moroccan writer Tahar Ben Jelloun attends a ceremony for the Prix Goncourt des Lyceens prize at the Education Ministry in Paris, France, November 17, 2016. REUTERS/Philippe Wojazer

Tahar Ben Jelloun : l’enseignement de la langue arabe « serait un symbole d’apaisement envoyé par l’État aux millions d’Arabes en France »

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L’écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun s’élève contre la suspicion qui accompagne la proposition d’apprendre cette langue à l’école. Il y voit de nombreux avantages.

[…]

Pourquoi faut-il enseigner cette langue ? Parce que ce serait un symbole d’apaisement envoyé par l’État aux millions d’Arabes en France.

D’ailleurs, on attend depuis longtemps que Macron s’adresse enfin à cette communauté qui, en général, ne se sent pas bien acceptée dans le pays ; elle constate que ses enfants ne sont pas reconnus ; c’est sans doute à cause de cela que certains tombent dans le piège des recruteurs de Daech. Nombre de musulmans sont sidérés par l’amalgame fait entre Islam, islamisme et terrorisme. De la peur de l’Islam, on est passé à la haine de cette religion, et cela pas uniquement en France, dans toute l’Europe.

Macron a eu raison d’assister au dîner annuel du CRIF et d’y prononcer un discours de solidarité. Il a eu tort de ne pas répondre à l’invitation d’un dîner du ramadan organisé par plusieurs associations musulmanes. Le Premier ministre y a fait une apparition, m’a-t-on dit.

Il faut enseigner la langue arabe parce que c’est une langue aussi importante dans le monde que l’espagnol ou l’allemand. Apprendre une langue, c’est pénétrer dans la culture et la civilisation qu’elle exprime. Apprendre une langue, c’est s’enrichir, abolir les murs de méfiance et d’incompréhension.
Apprendre l’arabe permettrait aux enfants et adolescents d’origine arabe de prendre contact avec un univers que leurs parents n’ont pas pu ou su leur transmettre. […]

La suspicion et la stigmatisation poussent certains musulmans à se radicaliser, à rompre le contrat social et républicain. De plus en plus de jeunes se réclamant de l’islam choisissent le repli et la tentation du communautarisme. D’après l’Institut Montaigne, 28 % des musulmans sont classés «sécessionnistes et autoritaires». Il y a de quoi être inquiet. Le rapport «La Fabrique de l’islam» explique bien combien le salafisme progresse en France et en Europe, faisant de l’islam une idéologie politique contemporaine bien structurée. […]

Le Point

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