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Idriss Déby

Décès d’Idriss Déby Itno : Un vrai choc géopolitique dans le Sahel

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C’est un vrai coup de tonnerre au Tchad! Idriss Déby Itno est mort. Le président, réélu il y a un peu plus d’une semaine pour un sixième mandat controversé, a été mortellement atteint au combat, selon l’armée tchadienne.

Dans une déclaration lue à la télévision nationale ce mardi, l’armée tchadienne a annoncé le décès du président Idriss Déby Itno.Le président de la République, chef de l’Etat, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad« , a annoncé le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de la télévision tchadienne.

Une fin prévisible

Arrivé au pouvoir en 1990 à la suite d’un coup d’Etat qui a renversé Hissène Habré, Idriss Déby Itno était perçu par la majorité des Tchadiens comme porteur d’un Tchad plus démocratique et plus moderne. Mais très vite, ce militaire a pris goût au pouvoir auquel il s’accrochera pendant plus de trente ans.

En 2008, une attaque rebelle avait atteint les portes du palais présidentiel avant d’être repoussée grâce au soutien de l’armée française. Dès lors, le pouvoir d’Idriss Déby Itno s’est vu renforcé. Malgré la tentative de renversement de son pouvoir par des rebelles en février 2019, le président tchadien annonce sa candidature pour un sixième mandat. Ce qui n’est pas du goût de l’opposition politique et d’une grande partie de l’opinion nationale.

Des représailles sont alors régulièrement menées contre les opposants. La contestation quitte alors le champ politique pour glisser sur le terrain armé. Les rebelles avaient attaqué le nord du pays le 11 avril 2021, jour du scrutin. Quelques jours après, un autre groupe armé appartenant au groupe ethnique du président Déby, apporte son soutien aux rebelles du FACT. La fin du président était donc prévisible.

Idriss Déby, un rempart contre le terrorisme dans le Sahel

Des ministres et des officiers de hauts rangs avaient indiqué lundi que le chef de l’Etat s’était rendu samedi et dimanche sur le front opposant son armée à une colonne de rebelles qui avait lancé une offensive à partir des bases arrières le jour du scrutin. Une version remise en cause par certains observateurs de la scène politique tchadienne qui s’interrogent sur les circonstances exactes encore floues de la mort de monsieur Déby Itno.

Soit! De fait, le président Déby était coutumier du fait. On se rappelle qu’en juin 2020, il avait personnellement participé à une opération de l’armée tchadienne pour repousser des éléments de Boko Haram sur les rives du lac Tchad. L’opération était un véritable succès. Le retour triomphal du maréchal était retransmis à la télévision nationale. Par ailleurs, Idriss Déby Itno était aux avant-postes de la lutte contre le terrorisme et les groupes armés dans le Sahel. En effet, l’armée tchadienne participe depuis 2013, aux côtés des forces étrangères, aux opérations de maintien de la paix dans le nord Mali. Il était également un pièce maîtresse au sein du G5 Sahel regroupant le Tchad, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.

Sin engagement contre le terrorisme lui a valu le soutien de la France qui voit en lui un rempart efficace contre l’insécurité qui gagne du terrain dans le Sahel, depuis la chute du régime de Muammar al Khadafi de Libye.

Idriss Déby est mort, et maintenant?

C’est l’un des fils du maréchal, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, général quatre étoiles, qui dirigera le conseil militaire mis en place. Plusieurs autres fils d’Idriss Déby lorgnaient le fauteuil de leur père. L’armée va-t-elle contenir toute velléité interne de contestation du pouvoir du désormais ancien commandant de la redoutable garde présidentielle?

Il se pose également la question des relations entre la France et le Tchad. Emmanuel va-t-il prendre ses distances vis-à-vis des nouvelles autorités tchadiennes après cette transmission dynastique du pouvoir ou va-t-elle, au  nom de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, les accompagner vers des élections démocratiques pour la transmission du pouvoir aux civils? Le plus dur commence pour l’armée tchadienne qui va désormais faire face au défi de sa réorganisation sans son chef charismatique mort les armes à la main. Avec des conséquences certaines sur la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. C’est un bouleversement géopolitique dans cette partie de l’Afrique.

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