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Sénégal : violentes manifestations pour réclamer la fin du couvre-feu

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Les images font le tour des réseaux sociaux. Pneus incendiés, jets de pierre sur les forces de l’ordre, grenades lacrymogènes…Le Sénégal est en proie à des manifestations violentes contre le couvre-feu, instauré pour endiguer le covid-19. Lesquelles ont éclaté depuis mercredi dans plusieurs villes dont la capitale Dakar. Un incident qui intervient alors qu’un assouplissement de l‘état d’urgence se profile malgré la progression de la maladie.  

Plus tôt dans la journée du mercredi, rapporte l’AFP, le président Macky Sall avait une nouvelle fois “appelé les populations à veiller au respect scrupuleux des règles établies dans le cadre de l‘état d’urgence et de la lutte contre la pandémie de la Covid-19”, selon un communiqué diffusé après le conseil des ministres.

A cette occasion, le chef de l’Etat a aussi confirmé sa “stratégie d’assouplissement graduel des mesures restrictives” liées à l‘état d’urgence, notamment dans le secteur des transports.

Des précisions pourraient être apportées lors d’une conférence de presse jeudi dans ce pays qui a enregistré près de 4.000 contaminations et 45 décès dus au Covid-19.

Les manifestations avaient démarré mardi soir, sans dans un premier temps toucher la capitale, une ville de plus de 3 millions d’habitants qui est l‘épicentre de la maladie dans le pays. 

Après cette première nuit d‘émeutes, “le nombre d’interpellés s‘élève à 74”, a précisé un responsable. A Mbacké, des protestataires s’en étaient pris mardi au siège local de la radio RFM, appartenant au groupe de presse privé du chanteur et ancien ministre Youssou Ndour.

La radio a subi “des dégâts matériels importants”, selon une association de journalistes locaux.

“Les responsables de ce saccage devront être traqués et traduits en justice”, a affirmé le Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse au Sénégal (Cdeps, patronat).

Instauré le 23 mars pour combattre le Covid-19, l‘état d’urgence est jusqu’ici assorti d’un couvre-feu de 21H00 à 05H00 et d’une interdiction de circuler entre les régions. 

Il a été prolongé jusqu‘à fin juin, même si le chef de l’Etat avait annoncé le 11 mai un assouplissement des mesures, comme la réouverture des marchés, des commerces et des lieux de culte.

De nombreuses voix s‘élèvent pour réclamer une levée plus complète des restrictions, dans un pays où environ 40% de la population est sous le seuil de pauvreté et où beaucoup vivent au jour le jour d’activités informelles.

Mais la pandémie continue à progresser. La rentrée scolaire, prévue mardi, a été reportée à la dernière minute à une “date ultérieure”, après la découverte de la contamination de 10 enseignants en Casamance, dans le sud du pays. 

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