Togo: le racket prend-il son « envol » à l’Aéroport de Lomé ?

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C’est une évidence ! La corruption gangrène les sociétés africaines et sape les bases de la démocratie. Alors que nombre de pays font l’objet de vaste scandale de corruption, le Togo ne cesse d’intensifier des actions afin d’endiguer le phénomène. Mais un constat demeure. En dépit de la mise en place de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), des individus indélicats continuent d’exceller dans ce qu’ils maîtrisent le mieux: extorquer de l’argent aux pauvres contribuables.

Les faussaires semblent échapper aux filets de HAPLUCIA. Dans le lot, les hommes en treillis sont indexés par de nombreux rapports.

L’aéroport international Gnassingbé Eyadema (AIGE), n’échappe guère à la corruption, visiblement érigée en règle.

Tout comme d’autres qui n’ont probablement pas eu l’occasion de tirer la sonnette d’alarme, un passager en a été victime, comme le rapportent nos confrères de L’Alternative.

Voyageant dans un pays de la sous-région avec un colis contenaient des condiments, renseigne notre source, un passager a fait l’amère expérience mercredi dernier.

« A l’entrée de l’aéroport, après avoir fait passer mes bagages, l’agent en treillis qui était derrière l’écran m’a interpellé et me disait ceci : « Puisque ce sont des choses de nourritures, tu nous fais à manger nous aussi ». Et il me mettait la pression tellement que je lui ai remis une somme », confie-t-elle. Mais dans le Hall de l’aéroport, il dit avoir été soumis à un racket organisé. « Dans le hall, c’est le même scénario. Puisque je n’ai plus assez de reliquat, j’ai dû leur remettre quelques pièces que j’ai sur moi. Mais je étais surpris lorsqu’un agent a refusé et exigé la confiscation de mes bagages. Pour ne pas rater le vol, surtout que j’ai pris du retard, j’étais obligé de lui remettre un billet de 1000 F que j’avais sur moi », s’est-il désolé.

« Malgré des campagnes de sensibilisation et des mesures de prévention, rien ne semble décourager ces agents indélicats dont certains ont été surpris en flagrant délit ou filmés par les caméras de surveillance dont ils ont essayé de détourner les objectifs », précisait en juin 2012 un communiqué officiel du Conseil des ministres.

A l’époque, précise l’Alternative, 39 agents ont été sanctionnés.

Selon l’édition 2018 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, le document cite en exemple les cas du Rwanda et du Cap-Vert où les résultats montrent que « la corruption est gérable avec des efforts soutenus« .

Le Togo pourrait faire comme (voire mieux) que le Botswana, les Seychelles et la Namibie, qui sont également bons élèves en la matière.

Le défi pour le pays dirigé par M Faure Gnassingbé, est de gagner la bataille contre la corruption. Un chantier qui nécessite de l’engagement politique et surtout du leadership.