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Cote d’Ivoire: les griefs de Tiken Jah Fakoly contre la stratégie du « Gbagbo ou rien »

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En froid depuis un moment avec Alassane Ouattara, pour qui il a pourtant voté en 2010, la star du reggae, Tiken Jah Fakoly n’est pour autant pas dans la logique de militer pour la libération de Laurent Gbagbo et ses coaccusés, détenus à la CPI depuis fin 2011.

Même s’il plaide pour que les prisonniers politiques soient relaxés après des « procès équitables » menés par une justice exacte et impartiale, au nom de la réconciliation, ce dernier semble écarter de son critère de libération: Laurent et Simone Gbagbo, ainsi que Charles Blé Goudé.

Pour lui, ce sont ces trois responsables qui ont entraîné les autres. « Ce sont eux qui savaient qu’il n’existait pas d’issue au chemin qu’ils ont emmené des gens à emprunter. Ils ont entraîné avec eux des innocents qui les ont suivis, soit par reconnaissance, soit par conviction », dixit le chanteur ivoirien entretien paru chez nos confrères de Jeune Afrique.

Tiken Jah Fakoly va plus loin en affirmant sans ambages que « Laurent Gbagbo paye le prix de son entêtement à conserver le pouvoir ».

« Je pense que s’il s’était arrêté, avec tout ce que nous constatons aujourd’hui, non seulement ses supporteurs qui continuent de le réclamer, mais d’autres Ivoiriens, lui auraient demandé de se porter candidat à l’élection de 2015. Et il aurait pu gagner », a-t-il soutenu.

Taxé de rouler pour le président Outtara, l’artiste engagé, de plus en plus présent dans des journaux politiques que sur les scènes de spectacles, a saisi l’occasion pour lever l’équivoque.

« Je me suis toujours exprimé en ma qualité d’artiste reggaeman. Ce n’est pas nouveau de ma part, je l’avais fait sous Henri Konan Bédié, sous le général Robert Gueï et sous Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, j’entends beaucoup de plaintes venant des populations ivoiriennes. Il est donc tout à fait normal que je m’exprime, pour me faire le porte-voix de toutes ces plaintes du petit peuple ».

La Côte d’Ivoire a renoué avec la croissance économique, cependant, souligne Tiken Jah Fakoly, « cette richesse ne profite pas au petit peuple et il ne ressent pas les avancées économiques ».

« Le petit peuple dit qu’il est mal soigné dans les hôpitaux, que les dirigeants sont déconnectés de la réalité quotidienne, qu’il n’y a plus d’opposition, ce qui est dangereux pour une démocratie… Le petit peuple veut manger à sa faim et veut lui aussi profiter des fruits de la croissance », ajoute-t-il.

Il accuse par ailleurs l’opposition « d’avoir mis Laurent Gbagbo au-dessus de la Côte d’Ivoire », au point où le combat pour le petit peuple est aujourd’hui relégué au second plan.

A l’en croire, l’opposition ivoirienne aurait pu, tout en continuant à se battre pour Gbagbo, mener d’abord le combat pour le quotidien des Ivoiriens. « En se réfugiant dans cette stratégie du Gbagbo ou rien, l’opposition refuse d’assumer son rôle de contre-pouvoir et laisse ainsi la coalition au pouvoir faire ce qu’elle veut en terme de gouvernance », dénonce-t-il avec vigueur.

Enfin, le célèbre chanteur s’insurge contre les prochaines élections sénatoriales, boycottées d’ailleurs par l’opposition qui devraient permettre d’élire le 24 mars prochain, 66 sénateurs au suffrage indirect.  Soutenant la marche de protestation qui se tient jeudi 22 mars contre ces élections, il estime que le futur Sénat est budgétivore, et relevant du superflu.

« En Côte d’Ivoire, nous avons déjà plein d’institutions, un président de la République et un vice-président, un Premier ministre, un président de l’Assemblée nationale, un président du Conseil économique et social. Je pense que toutes ces institutions ont des gros budgets. Mettre un Sénat en place aujourd’hui, je trouve simplement que c’est inutile et qu’on pourrait utiliser ce budget pour faire autre chose », explique-t-il.

L’autre raison, avance Tiken Jah Fakoly, « c’est que le Sénégal a abandonné le Sénat parce que c’est inutile. Il y a eu une insurrection au Burkina Faso à cause du Sénat. Le peuple malien s’est opposé au Sénat ».

 

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