Dangote: 4 pistes pour un décollage économique de l’Afrique

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L’Afrique est en marche et tend vers le décollage. L’afro-pessimisme est de plus dominant. Et l’occident en est conscient. Et oui, peu à peu, le continent se débarrasse de sa réputation de dernière de la classe au niveau économique. Ces dernières années, plusieurs États africains se sont lancés dans de vastes programmes de modernisation de leurs administrations publiques, leurs régimes fiscaux et leurs politiques d’accueil des investissements en vue, notamment. Mais fort est de constater que malgré des avancées certaines, le niveau de pauvreté en Afrique reste le plus élevé au monde. La « méthode Dangote » se révèle donc être le remède miracle.

50 % de la population du continent, n’ont toujours pas accès à l’électricité, dont le manque affecte aussi le rythme de l’industrialisation du continent. Des millions de jeunes Africains diplômés sont sans emploi, et l’eau potable demeure encore un luxe dans certaines contrées. L’éducation aussi est au rabais et l’accès à des soins de santé de qualité reste un défi.

Intervenant en octobre dernier à Londres, dans le cadre du sommet africain du Financial Times, Aliko Dangote, la première fortune africaine, a entretenu son auditoire sur : « What Makes Africa Work ? – A Leader’s View » (« Qu’est-ce qui fait fonctionner l’Afrique ? – Le point de vue d’un leader ». 

Jeune Afrique a listé les 4 points les plus importants de son intervention.

Voici donc les 4 leçons du magnant nigérian sur ce qui fait fonctionner l’Afrique.

1 – Il faut intégrer toute la chaîne de valeur

« Nous n’allons pas continuer à tout importer plus longtemps », affirme Dangote. Pour le milliardaire nigérian, la clef de sa réussite est « l’intégration verticale en amont ». Derrière ce terme technique se cache une stratégie industrielle ambitieuse : alors que les raffineries sucrières du groupe Dangote importaient du Brésil du sucre, elles ont développé la culture de canne à sucre au Nigéria afin de s’approvisionner localement.

Cette recette est appliquée dans les autres branches du groupe (sucre, riz ciment, fertilisants) et pourrait constituer la base d’une stratégie de développement des économies africaines, leurs permettant d’atteindre l’autosuffisances dans de nombreux secteurs.

2 – Il faut donner la priorité à l’agriculture

Aliko Dangote s’intéresse désormais à l’agriculture, motivé par le fait que « 98% du lait consommé au Nigéria est importé ». Possédant des rizeries, son groupe a également investi dans la production de riz, avec pour objectif de nourrir non seulement le Nigéria, mais aussi le reste de l’Afrique de l’ouest. Il souligne notamment le risque de dépendre des importations, prévoyant une hausse du coût du fret dans les années à venir.

3 – Il faut voir les choses en grand et investir à long terme

Rappelant les risques financiers qu’il avait pris à ses débuts, Dangote appelle les entrepreneurs africains à voir les choses en grand et à investir à long terme. Il a notamment rappelé que d’ici à 2100, l’Afrique allait représenter 50% de la population mondiale, contre 30% actuellement, représentant une demande qui allait devoir être satisfaite.

Dans cette logique, le nouveau pari de Dangote est un investissement de 12 milliards de dollars pour la construction d’une raffinerie d’une capacité de production de 650 000 barils par jours à proximité de Lagos, qui pourra alimenter les marchés d’Afrique de l’Ouest et centrale lorsqu’elle sera opérationnelle.

4 – Ce n’est pas au gouvernement de créer des emplois

Dernière recommandation du magnat nigérian : ce ne sont pas les États qui doivent créer des emplois, mais les entrepreneurs. Les interventions des gouvernements doivent se limiter à créer un environnement favorable au secteur privé. Deux priorités pour les pouvoirs publics : un approvisionnement en électricité stable et des politiques économiques prévisibles.