Le « 20 septembre », cette date que redoutent les Togolais

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La route tue ! Et un permis de conduire pour les motocyclistes contribuera à limiter les dégâts, estime Yark Damehane, le ministre en charge de la sécurité. La décision est certes salvatrice mais provoque l’ire des plus concernés: les conducteurs de taxi-motos.

Réduire au mieux ce bilan macabre: 354 décès suite à 3178 accidents de route, à la fin du 1er trimestre de 2019 dont 157 décès provoqués par les motocyclistes, soit 44,36 %. 

Voilà ce qui motive la décision des autorités togolaises selon laquelle tous les motocyclistes doivent avoir leurs permis de conduire d’ici le 20 septembre.

« Je constate que beaucoup d’usagers de la route ne passent pas le permis de conduire. Beaucoup d’accidents viennent du fait que l’usager ou l’intéressé ne connaît pas le code de la route. Donc nous allons donner jusqu’à fin septembre à chaque usager de la route pour faire l’effort de passer le permis de conduire », a déclaré en fin de semaine dernière, le Général Yark Damehane, le ministre de la sécurité et de la protection civile.

Une décision qui enflamme les réseaux sociaux et qui alimente depuis quelques jours les débats aux grands points de stationnement des taxi-moto.

« On peut passer le permis, mais [l’échéance] qui nous est proposé[e] maintenant, c’est très proche », se plaint un conducteur, au micro de RFI.

« Il faut voir la faisabilité », renchérit un autre. « Est-ce que toutes les conditions sont réunies pour avoir ce permis-là ?« 

Personne ne conteste la décision, mais tous trouvent le délai du 20 septembre trop court.

« Il faut commencer quelque part et vite », affirme le syndicaliste François Komlavi Agbo.

« Le permis de conduire ne viendra pas régler le problème en tant que tel. Il y a la méconnaissance du code de la route et il y a l’incivisme qui sont en train de gagner du terrain. Il faut arriver quand même à ce que nous puissions maîtriser ces deux éléments. Et en sachant conduire les motos surtout« , soutient ce dernier.

Selon les syndicats de taxi-motos, comme rapporté par la radio mondiale, près de 400 000 motocyclistes circulent sur le territoire. Parmi eux, 70% n’ont pas leur carte nationale d’identité, encore moins leur acte de naissance.

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