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Sénégal : indignation après le décès de 480 migrants en une semaine

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Le collectif dénommé « 480 Dafa doy » (ça suffit) non à l’émigration irrégulière, regroupant plusieurs organisations, a battu le macadam, samedi après-midi, pour réclamer la prise en charge de cette question que ses membres jugent plus que préoccupante. Dans leur réquisitoire, au terme de leur marche silencieuse n’ont pas raté l’État encore moins les familles, dénonçant une « pression sociale ».

« Nous sommes tous responsables », s’est écrié l’activiste, appelant à combattre les causes du phénomène qui a fini de prendre de l’ampleur, décimant les jeunesses africaines en général et sénégalaises en particulier.

Selon lui, les migrants « ne font que suivre les poissons vendus à l’Union européenne (UE), les flux financiers illicites gardés dans les comptes en banque suisses », entre autres.

Poursuivant, il a ajouté : « si on veut lutter contre l’émigration irrégulière, il faut traiter le mal par la racine. La plus grande responsabilité est celle de nos autorités mais interpellons également nos familles. Elles ont hâte de posséder le dernier IPhone, (entre autres), faisant subir une énorme pression aux autres membres de la famille. Dans nos familles, ceux qui ont de l’argent sont mieux considérés. Un chômeur n’a pas son mot à dire. C’est de la pression. Voilà comment on assassine socialement le peuple sénégalais avant de l’assassiner physiquement dans la mer méditerranée, dans l’océan Atlantique, et dans le désert du Sahara. Il faut que nous revoyions nos comportements. »

Dans ce sillage, les manifestants ont appelé à « une introspection en revoyant les paradigmes qui déterminent la réussite dans son modèle social pour cesser d’exercer une pression qui pousse les jeunes à prendre des risques jusqu’à braver la mort et dans l’unique intention de mieux vivre. » Et ont exigé « de tous les décideurs une ferme prise de responsabilité pour mettre un terme à ce phénomène macabre qui n’a que trop duré. »

Pour mener ce combat à bien, toutes les franges de la société, « personnalités religieuses et coutumières, autorités politiques, en passant par les leaders d’opinion, artistes, hommes et femmes de médias, citoyens anonymes » sont interpellées afin de « trouver, à l’unisson, les ressorts d’un sursaut consensuel pour que le choix de vivre ses rêves et ses espoirs au Sénégal ne soit plus une chimère ».

Barthélémy Dias, le maire de Mermoz-Sacré Cœur, de l’opposition, a participé à la marche.

Sans surprise, il n’a pas raté le régime de Macky Sall en place, réclamant des comptes sur la gestion des 39 milliards dégagés, a-t-il dit, par l’UE, contre l’émigration irrégulière.

D’autres actions du collectif sont annoncées.

D’après les estimations de l’ONG Alarm phone, spécialisée dans l’assistance téléphonique pour personnes en situation de détresse en mer Méditerranée, au moins 480 personnes sont mortes ou ont disparu à la suite de naufrages au large des côtes du Sénégal. Un bilan dressé en octobre dernier, dans cinq naufrages connus.

Les chiffres ont grimpé depuis.

Avec Senmedias

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