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Burkina Faso : report des législatives, le parti de Kaboré se prononce !

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Le MPP, Mouvement du peuple pour le progrès a investi samedi dernier, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du Burkina Faso depuis 2015, candidat à la présidentielle du 22 novembre. Alors que ladite élection devrait être couplée avec les législatives, une recommandation du parlement prônant le report d’un an de ce dernier, divise toute l’opinion.

Le report de l’élection demandé par le Parlement Burkinabé, qui met en avant les exactions des groupes terroristes dans le pays, est décrié par la majorité présidentielle et l’opposition.

Clément Sawadogo, premier vice-président du MPP et ancien ministre de la Sécurité, est l’invité de RFI.

Ci-dessous l’intégralité de l’interview qu’il a accordé à nos confrères de la RFI.

RFI : Clément Sawadogo, l’Assemblée nationale, où votre parti est majoritaire, propose de reporter les élections législatives en raison de l’insécurité. Or, votre parti se prononce contre. Pour quelle raison ?

Clément Sawadogo Effectivement, notre parti, tout comme d’ailleurs les autres partis politiques, n’ont pas voulu aller dans le sens de cette position de l’Assemblée nationale, pour la bonne raison que l’idée de report pose un gros problème. On reporte jusqu’à quand ? Et si on reporte d’un an, comme dit l’Assemblée, qu’est-ce qui se passe dans un an ? Est-ce qu’on aurait l’assurance qu’on aurait fini avec toutes les questions sécuritaires dans un an ? En plus, cette position nous pose énormément de problèmes, parce qu’elle va à l’encontre des conclusions du dialogue politique que le chef de l’État a convoqué sur ces questions-là.

C’est donc à présent au chef de l’État de trancher… Va-t-on vers l’abandon du projet, à votre avis ?

A mon avis, oui, parce qu’il ne pourrait pas prospérer avec un désaccord de la quasi-entièreté de la classe politique.

Mais dans ce cas, comment les députés des circonscriptions du nord vont-ils être élus ?

Si, au jour de l’élection, il y a des zones où on ne peut pas accéder, ce point est toujours en discussion. On a conscience qu’il faut prévoir ce cas de figure. Mais il faut aussi que la solution à trouver fasse l’objet d’un bon consensus au sein de la classe politique.

Voilà en tout cas le chef de l’État investi par votre parti. Or, il est toujours critiqué pour son bilan. Il ne parvient pas à mettre un terme à la prolifération des attaques jihadistes…

Mais vous savez que le chef de l’État, monsieur Roch Kaboré, a totalement subi cette situation. Il s’est battu avec le gouvernement pour relever le défi. C’est un défi difficile, parce qu’il concerne toute la sous-région ! Il ne concerne pas que notre pays. Dans ces conditions, je pense que quelle que soit la personne qui était aux commandes, elle aurait eu ces difficultés-là. Bien sûr, dans les joutes politiques, on peut dire : « Si j’étais là, moi je peux régler la question », mais ce n’est pas vrai ! Aujourd’hui, on peut tout de même mettre à l’actif du bilan du président le fait qu’il ait pu tenir le cap. Le peuple qui suit la situation, qui la vit au jour le jour, saura aussi en tenir compte pour apprécier.

L’armée se rend coupable de graves exactions, selon les défenseurs des droits de l’homme. Mais au-delà des promesses d’enquête et de justice, c’est toujours l’impunité.

Non, ce n’est pas l’impunité. Tous les cas dans lesquels les forces de défense et de sécurité sont interpellées, sont épinglées, donnent lieu à des investigations qui sont en cours. Avant la fin de ces investigations, je pense qu’on ne peut pas encore opiner pour dire qu’il y a eu impunité ou pas.

On parle tout de même d’un bilan mitigé…

On ne peut pas véritablement parler d’un bilan mitigé, parce que le président était allé en campagne devant les électeurs, avec un programme qui devait être exécuté dans un contexte normal, et finalement, il doit l’exécuter dans un contexte de crise. Mais nonobstant tout cela, ce bilan est quand même très positif, parce que sur le plan politique, économique et social, le président a travaillé quand même à atteindre un résultat impressionnant qui aujourd’hui a près de 75 %. Ce qui est quand même extraordinaire !

Beaucoup reprochent au chef de l’État d’être l’homme du statu quo permanent, d’être plutôt à l’écoute et de ne pas trancher. Que répondez-vous ?

Il a une posture d’un homme d’État qui reste très serein face à des situations souvent difficiles. Il est vrai que, dans son propre tempérament, il n’est pas celui qui affectionne le « one-man-show », qui est enclin à gesticuler tous les jours, mais en tout cas, pour nous, cela est plutôt un atout majeur dans la conduite d’un État fragile comme le nôtre.

Votre parti, le MPP, est traversé par des querelles internes entre différents clans. Est-ce qu’il sera capable de se mettre en ordre de bataille ?

Ah là, je vous dis clairement : le parti est en ordre de bataille. Dans les jours, dans les semaines qui viennent, nous allons dérouler et mettre en place nos équipes de campagne. Nous sommes vraiment mobilisés, unis et avec beaucoup d’entrain et d’espoir.

De son côté, l’opposition dénonce déjà des tentatives de fraude en préparation. Qu’est-ce que vous répondez ?

Il n’y a aucune tentative de fraude, il n’y a pas de fraude en préparation… Il n’y a aucune velléité de fraude, en tout cas pas de notre côté. Nous avons brillamment remporté les dernières élections sans avoir eu besoin de fraude.

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