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Cameroun : rattrapé par le non-respect des textes en vigueur, le gouvernement tente de bloquer l’augmentation du SMIG

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Selon les leaders syndicaux du Cameroun, le gouvernement craindrait de subir un effet double, du fait de la non application de la première augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 2014.

La Commission consultative du travail qui devait se réunir pour fixer le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), n’a toujours pas été convoquée par le gouvernement. Pourtant, le 16 juin 2022, à l’issue d’une réunion de concertation entre le ministre camerounais du Travail, Grégoire Owona et plusieurs responsables d’organisations syndicales, les deux parties ont annoncé qu’elles étaient tombées d’accord pour un relèvement du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (Smig). Le montant de la hausse n’avait pas été dévoilé, mais la base des négociations avait été fixée à 40 622 Fcfa, soit une augmentation de 12% par rapport au SMIG actuel qui s’élève à 36 270F, avec un seuil de 100 000 Fcfa.

Une situation de blocage qui met en colère les principaux syndicats des travailleurs qui accusent le ministère des Finances d’être à la manœuvre. Selon un syndicaliste, « le ministère des Finances est en train d’évaluer les conséquences que pourraient engendrer une augmentation du revenu minimum des travailleurs ».

Pour Isaac Bissala, président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc), ces manigances du gouvernement résultent du non-respect des résolutions prises en 2014, dont la substance consacrait le passage du Smig de 28 000 à 36 270 francs CFA. Une mesure qui n’a pas été appliquée par le gouvernement lui-même.  «Vous savez qu’en 2014, la fonction publique n’avait pas appliqué le Smig. Il y a des fonctionnaires aujourd’hui qui ne touchent même pas les 36 270 francs CFA. Qui sont encore à 28 000 francs CFA. Augmenter le Smig actuellement, va faire en sorte que le gouvernement le fasse doublement. C’est- à-dire rattraper d’abord la première augmentation, puis y ajouter la seconde», explique Isaac Bissala.

D’autres syndicalistes  estiment que les lenteurs observées dans la concrétisation du processus de revalorisation du SMIG, sont imputables à la faiblesse du mouvement syndical camerounais. Mais malgré les lenteurs, le SMIG va augmenter, et plusieurs sources parlent d’une augmentation en fonction du secteur d’activité.

Essama Aloubou




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