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Madagascar : 9 émissions de radio interdites de diffusion

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À Madagascar, une décision interministérielle datée du 22 avril interdit les manifestations publiques et la diffusion de plusieurs émissions radiophoniques et audiovisuelles « susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publiques et nuire à l’unité nationale », sur fond de crise sanitaire. Ce texte cible plus précisément des émissions interactives, avec des interventions téléphoniques d’auditeurs, et celles contenant des débats politiques.

La décision est signée par le ministre de la Justice, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, le ministre de la Sécurité publique, le ministre de la Communication et de la Culture et le secrétariat d’État chargé de la Gendarmerie.

Émissions concernées : Aoka Hazava (Viva radio), Anao ny Fitenana (Free FM), Tambatra miara-manonja tena izy (Viva Radio, Viva TV, Free FM, Alliance FM, Taratra FM, Kolo TV, Kolo FM), Miara-manonja (MBS, Az, Soa Radio), Kapotandroka (IBC), Invité du jour (Real TV), Ça me dit (RTA), Don-dresaka (TV Plus), Rivotra (RDJ). 

Un ‘abus de pouvoir’ pour Ravalomanana

La décision laisse abasourdi Joël Ralaivaohita, le directeur de publication de la chaîne MBS, propriété de l’ex-président Marc Ravalomanana et leader du parti TIM, qui fait partie des chaînes visées par le texte : « C’est une entrave à la liberté d’expression. On ne voit pas le lien entre la lutte contre la pandémie et cette interdiction de diffusion. Si c’était une bonne idée, une telle mesure aurait été prise dans différents pays du monde, et ça n’est pas le cas. »

Les chaînes MBS, IBC, Real TV, Soa Radio et AZ radio vont déposer une requête auprès du Conseil d’État lundi et faire une lettre aux différentes représentations diplomatiques, précise-t-il.

Me Hanitra Razafimanantsoa, députée et n°2 du parti TIM, qualifie elle aussi ces mesures de « dictatoriales »« Tout citoyen, quel que soit son bord, doit avoir le droit de s’exprimer, surtout en temps de pandémie. »

Pour Gérard Rakotonirina, le président de l’ordre des journalistes de Madagascar, « c’est une entrave claire et nette à la liberté de la presse. Alors que le pays est en pleine crise du coronavirus, est-ce vraiment la priorité ? Cibler les émissions où les citoyens peuvent participer n’est pas anodin, c’est un mépris de démocratie et un signal inquiétant pour le pays. Cette décision va à l’encontre de l’article 10 et 11 de la Constitution, ainsi que l’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. »




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