Question à polémique : pénaliser ou non l’adultère au Maroc ?

Partagez ceci :

Une célèbre actrice marocaine et un réalisateur sont soupçonnés d’adultère, rapporte le Monde Afrique. Le mari de la jeune femme a d’ailleurs déposé une plainte contre les suspects qui ont été relâchés après quelques heures de garde à vue. L’adultère, un délit grave au Maroc ? Cette situation relance ce vieux débat.

La même source indique que le procureur du roi a décidé de remettre le dossier à la police judiciaire pour « complément d’enquête » quelques jours plus tard. Pour l’avocat de la jeune femme, cette décision est « bizarre et non fondée ». Notons que dans la loi marocaine, le Code de la procédure pénale exige le flagrant délit ; et si cela est prouvé, les deux protagonistes risquent un à deux ans de prison ferme.

En effet, 3 000 personnes ont été poursuivies en 2018 au Maroc pour adultère au regard des articles 491 et 492 du Code pénal.

« La pénalisation de l’adultère est une violation des libertés individuelles. Il s’agit de relations individuelles entre adultes responsables. La loi n’a pas à interférer sur le plan éthique ou moral. Cette loi est même contraire à la Constitution marocaine de 2011 qui demande le respect de la dignité et de la liberté des personnes », s’indigne Fouzia Assouli, présidente de la Fondation euro-méditerranéenne des femmes (FEMF) et présidente d’honneur de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF).

En outre, plusieurs organisations féministes ont fait de la dépénalisation de l’adultère et des relations sexuelles hors mariage leur combat. La société civile marocaine quant à elle a déposé une liste de recommandations aux parlementaires de la commission justice, législation et droits humains. Notons que les discussions sur la réforme du Code pénal sont toujours en cours au Parlement marocain.