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Santé: les méfaits insoupçonnés des fumées d’incendies

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Il n’y a pas longtemps, des marchés ont pris feu au Togo. Grands marchés de Lomé et de Kara, le marché de Hanoukopé, dans la capitale, depuis 2013, on aurait dit que la malédiction du feu s’était abattue sur les marchés togolais. En Ouganda, en RDC, au Ghana ou dans d’autres pays, des marchés prennent régulièrement feu. Au delà des dégâts matériels causés par ces feux, faut-il craindre la toxicité des fumées qui se dégagent de ces incendies?

Quand bien même ils se produisent généralement au moment où il n’y a personne dans les marchés, les attroupements de badauds autour des sites en flammes amènent à s’interroger sur les risques qu’on encourt ou non en étant à proximité d’un incendie. Dans un récent entretien au journal catholique La Croix, le pneumologue Frédéric Le Guillou a listé les risques encourus lorsqu’on inhale la fumée d’un incendie.

« Un incendie dégage deux types de fumées : des fumées noires, qui contiennent du benzène, du cyanure et des composés organiques volatils, avec en particulier du monoxyde de carbone, et toutes ces substances peuvent entraîner une asphyxie. Et puis des fumées blanches, qui comprennent des particules fines et ultrafines capables de pénétrer dans les voies respiratoires jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Une fois dans l’organisme, elles passent dans la circulation sanguine et peuvent provoquer un stress oxydatif avec, à terme, des risques de complications cardiovasculaires« , explique-t-il.

Selon lui, la toxicité dépend beaucoup de la durée et de la fréquence d’exposition: « En toute logique, plus on est près de l’incendie, plus on est exposé, mais il faut aussi tenir compte de la rose des vents, c’est-à-dire de la direction de la fumée. Si elle s’éloigne de nous, le risque n’est pas le même que si elle se rapproche. La distance n’est donc pas le seul critère, d’autant que le vent disperse les cendres dans l’atmosphère et peut créer une pollution de poussière à plusieurs dizaines de kilomètres de l’incendie. Il ne faut pas non plus se fier à l’odeur, car le monoxyde de carbone est inodore. En fait, la toxicité dépend beaucoup de la durée et de la fréquence d’exposition, les pompiers étant évidemment les plus touchés. »

Qui sont les plus vulnérables et les protéger?

Selon Frédéric Le Guillou, les personnes avec une pathologie respiratoire sont évidemment plus vulnérables. « Si on a de l’asthme, une bronchite chronique ou une mucoviscidose, inhaler ces fumées peut provoquer une poussée de la maladie et entraîner une hospitalisation, voire des soins intensifs. Une forte exposition peut aussi déclencher des maladies lorsqu’il y a des prédispositions, comme chez les fumeurs, par exemple« , poursuit-il. Les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et celles ayant des maladies respiratoires ou cardiovasculaires aussi.

« On peut toutefois se protéger avec des moyens simples, en fermant les fenêtres et les portes, mais aussi en portant un masque FFP2 ou chirurgical, qui filtre un certain nombre de particules et de microparticules. Il faut également s’humidifier les yeux et la bouche, mais l’idéal, c’est évidemment de s’éloigner de la zone d’incendie. C’est la raison pour laquelle il y a aussi des évacuations sanitaires« , recommande le pneumologue.




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