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Shaun Bailey, un Black conservateur, futur maire de Londres ?

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Shaun Bailey, le candidat aux antipodes du politiquement correct et de la bien-pensance. Avec son style direct et cash, opposé à la rhétorique policée de la classe politique britannique, ce presque quinquagénaire d’origine jamaïcaine, bouscule tout pour être le futur maire de Londres.

Shaun Bailey, c’est le symbole des iconoclastes que le discours dominant n’a pas pu attirer sans son filet. Alors que le monde semble ému par les bavures policières commises notamment aux Etats-Unis, cet ancien animateur de jeunesse à North Kensington ne cache pas son opposition au mouvement Black Lives Matter (BLM) et dénonce le déboulonnage de la statue d’Edward Colston à Bristol.

 Tout en dénonçant les « erreurs » de la police, Shaun Bailey refuse de croire qu’elle est raciste. «BLM a tout fait pour que chacun se sente raciste », explique-t-il dans la presse, ajoutant avoir « plus de points communs avec « la classe moyenne blanche qu’avec les personnes noires issues de milieux aisés ».

Voilà donc le profil du principal challenger de Sadiq Khan, l’actuel maire de Londres, pour l’élection municipale de mai prochain. Mais pas que ça !

Pour Shaun Bailey, le modèle anglo-saxon du multiculturalisme pose problème. Il déplore le fait que dans certaines écoles londoniennes la culture hindoue ou musulmane prend le pas sur les traditions chrétiennes. C’est depuis 2005 qu’il s’est lancé en guerre contre la sécularisation du Royaume-Uni qu’il considère comme un terreau fertile pour les migrants qui imposent ainsi leur culture et refusent toute assimilation, ainsi qu’il l’écrivait à propos du borough londonien de Brent : « Vous mettez vos enfants à l’école et ils apprennent beaucoup plus sur Diwali [fête hindoue, NDLR] que sur Noël. »

Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire du Muslim Council of Britain qui a qualifié les propos de Shaun Bailey de « grotesques » et « inacceptables ».

L’ancien conseiller spécial du Premier ministre David Cameron se détache du libéralisme, estimant que le consumérisme qu’il induit « détruit les plus jeunes ». Une rupture vis-à-vis du thatchérisme et un retour à la pensée sociale de Benjamin Disraeli qui s’adresserait à toute la nation, une thèse qui bouleverse à l’époque la droite britannique. 

Shaun Bailey et Sadiq Khan n’ont probablement d’un point commun irréfutable : leurs origines modestes. Mais en matière politique, tout oppose les deux hommes. Le premier est un conservateur qui s’assume, le second préfère vivre dans sa bulle de travailliste impuissant face aux défis majeurs qui s’imposent à la Grande Bretagne tels le terrorisme et les flux migratoires.  

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