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« Si l’arbre savait ce que lui réserve la hache… », les remords de Guillaume Soro

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Figure tutélaire de la rébellion de 2002 en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro est contraint depuis quelques années à l’exil en Europe. Condamné par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour recel et tentative d’atteinte à la sûreté de l’État, celui qui fut Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, nourrit des regrets pour avoir porté Alassane Ouattara au pouvoir en 2011 suite à la crise post-électorale.

Le 22 septembre 2002, un groupe de personne armé prétendant lutté contre la xénophobie et le tribalisme a tenté de déstabiliser les institutions de la république à travers un coup d’état sans succès.

Face à la résistance des forces de défense et de sécurité loyal au président Laurent Gbagbo, ce groupe s’est mué finalement en une rébellion armée. A la tête de cette force armée se trouvait Guillaume Soro.

Après plusieurs dialogues politiques sous l’égide de la communauté internationale, un accord a été trouvé entre les différents acteurs de la crise pour la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Nommé Premier ministre du gouvernement d’union nationale par Laurent Gbagbo, Guillaume Soro a eu à organiser les élections présidentielles de 2010 à  laquelle tous les opposants au président Laurent Gbagbo notamment Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont participé.

Alors que la Commission Électorale Indépendante ( CEI ) avait déclaré vainqueur Alassane Ouattara au deuxième tour face à Laurent Gbagbo, le Conseil Constitutionnel a finalement proclamé Laurent Gbagbo comme le vrai gagnant de l’élection présidentielle de 2010.

Une situation qui a suscité le courroux du camp Ouattara et de la communauté internationale provoquant une crise post-électorale sans précédent. Acteur clé de la vie politique ivoirienne, Guillaume Soro à l’époque premier ministre a choisi d’apporté son soutien à Alassane Ouattara.

Grâce à des combats menés par les Forces Nouvelles( la rébellion armée de Guillaume Soro), Alassane Ouattara accède au pouvoir en 2011.

Tombé depuis lors en disgrâce avec son ex mentor, l’ancien président de l’Assemblée Nationale ivoirienne regrette amèrement d’avoir aidé l’actuel président à prendre le fauteuil présidentiel. 

« Si l’arbre savait ce que lui réserve la hache, il ne lui fournirait pas le bois de son manche », a en effet tweeté l’ancien chef de la rébellion.

Réagissant à ce tweet de Guillaume Soro, Mamadou Touré qui est l’un de ses proches confirme les regrets de l’ancien homme fort de Bouaké.

« Il regrette que ce soit lui aujourd’hui qui soit la victime de celui qui était hier la victime d’injustices et de traques liées à ses ambitions présidentielles. Aujourd’hui, c’est lui Guillaume Soro qui est traqué par celui pour qui il a gâté son nom dans cette affaire de rébellion. Il ne cesse de demander pardon aux Ivoiriens qui ont souffert de son action. Il croyait mener le bon combat. Le combat pour la mise en place d’une Côte d’Ivoire réellement démocratique avec, en prime, un État de droit. Le combat pour l’ouverture, sans exclusion, de l’accès à la magistrature suprême pour tous », a-t-il lancé sur compte Facebook.

Et de conclure : « Il ne faut jamais prendre le pouvoir et le donner à quelqu’un d’autre. Tôt ou tard, ce dernier se retournera contre toi. C’est ce qui est arrivé aujourd’hui à Guillaume Soro. C’est également ce qui est arrivé aux jeunes gens qui ont donné le pouvoir au Général Guei en décembre 99. Belle leçon de vie pour nous autres ».

Par Henri AKODO




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