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Togo / Me Attoh Messan : la « loi Bodjona » dérange le gouvernement

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Le Togo a connu un recul considérable, en matière de droits de l’Homme, en faisant voter par ses députés, le projet de loi du gouvernement portant modification de  la loi N°2011-010 du 16 mai 2011 dite « loi Bodjona ». Tel est le point de vue de plusieurs acteurs et spécialistes en la matière dont Me Attoh Messan.

Intervenant ce weekend en sa qualité d’Avocat et Coordinateur du Panel WATCH sur une radio privée de la place, Me Attoh Messan a indiqué que la Loi Bodjona dérangeait le gouvernement, qui a dû reculer l’État de droit au Togo, en adoptant une nouvelle loi qui restreint les manifestations publiques.

« Chaque fois qu’un gouvernement change une loi surtout sur les libertés publiques en faisant des restrictions sur les libertés acquises auparavant, c’est que la jouissance de cette loi les dérange. Qu’on en sois arrivé à modifier cette loi dans ces conditions là, c’est nécessairement un recul. On n’avait pas du tout besoin de changer cette loi. Il y a des raisons de s’interroger sur l’avenir », a regretté l’avocat.

Le défenseur des droits de l’homme estime que le Togo ne peut connaitre un développement économique en faisant des restrictions graves aux droits et libertés

« Nos gouvernants nous promettent le développement économique et pensent pouvoir le faire en faisant des restrictions graves aux droits et libertés. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Le train de l’émergence ne peut pas avancer si les gens ont mal dans leurs chaires. Le train de l’émergence ne peux avancer si les droits des citoyens à Lomé sont différents de ceux de l’intérieur du pays. Le train de l’émergence ne peut avancer si la justice n’est pas juste et si les prisons sont surpeuplées. Le train de l’émergence ne peut avancer si les gens ne mangent pas à leur faim et, alors qu’ils veulent protester contre la cherté de la vie par des manifestations pacifiques, on les en empêche », a-t-il conclu.

Pour rappel, la nouvelle « loi Boukpessi » donne pouvoir à l’autorité de décider si oui ou non, tel doit manifester. Elle réduit aussi considérablement, les heures, lieux et nombres de manifestations.

D’autre part, cette loi fixe un seul point de départ et de chute des manifs. Pour le gouvernement, ces mesures entendent prévenir les menaces terroristes au Togo.

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