Godwin Etse : « Avec la nouvelle ‘loi Boukpessi’, le Togo a reculé de 10 ans »

Partagez ceci :

La nouvelle « loi Boukpessi » n’avance guère le Togo, en matière de droits de l’Homme.

Cette simple raison explique le pourquoi, les acteurs et institutions, spécialistes de la question des droits de l’homme, digèrent mal, la nouvelle loi sur les manifestations publiques au Togo.

Le CACIT, la C14, le politologue Madi Djabakate, l’avocat Me Attoh Messan ou encore Godwin Etse, Directeur Exécutif du CDFDH, partagent le même avis sur le vote de la sixième législature qui a restreint les libertés publiques au Togo.

« A propos de la loi sur les manifestations, nous nous interrogeons sur l’opportunité même de cette modification. Le constat, c’est que nos sujets de préoccupation ne portaient pas sur le texte de la loi », a exprimé Godwin Etse, Directeur Exécutif du CDFDH, intervenant dimanche sur une radio privée de la place.

« Nous on s’attendait plutôt à des mesures pour conforter l’application de la loi. Avec la nouvelle loi Boukpessi, on a reculé de presque 10 ans au moins. Et c’est vraiment triste », a-t-il regretté.

Alors de retour de la session du Comité contre la torture à Genève, Godwin s’est aussi réjouit du fait que le Comité contre la Torture a tenu compte de leur préoccupation dans leur recommandation adressée à l’Etat.

« Nous nous réjouissons que le Comité contre la Torture ait repris certaines de nos préoccupations dans ses recommandations finales formulées à l’Etat », a-t-il déclaré.

En guise d’exemple, poursuit-il: « la nécessité de faire des enquêtes et d’amener les auteurs des actes de torture et mauvais traitements à répondre de leurs actes. La garantie d’une protection pour les défenseurs des droits de l’Homme est aussi un point important soulevé par les Nations unies ».

« A ce propos, nous et nos collègues défenseurs, nous ferons un suivi pour que la loi n’ait pas pour finalité d’exposer les défenseurs plus qu’elle ne les protège », a conclu le défenseur des droits de l’homme.