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Ces femmes écrivaines qui portent l’Afrique au bout de leurs plumes

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La littérature féminine africaine a le vent en poupe depuis des années, dans un contexte où l’Afrique se hisse pocco a pocco sur le vrai piédestal de l’émergence. Cette littérature a permis à de nombreuses femmes de lettres africaines de s’exprimer non seulement sur les questions liées aux conditions et à la place des femmes dans les sociétés africaines, mais aussi et surtout de défendre les valeurs socio-culturelles du continent noir.

La littérature africaine, a été longtemps domaine de prédilection des hommes. Jacques Chevrier ne dit pas le contraire lorsque dans son ouvrage « La Littérature Nègre », paru en 1984, il établit les différentes phases de l’évolution du roman africain, en ne répertoriant, en majorité que des romanciers africains. Mais force est de constater de nos jours que les femmes écrivaines africaines sont entrées de plain-pied et font partie intégrante de ce vaste océan littéraire africain.

Pour être plus précis, c’est dans les années soixante-dix, qu’il y a eu véritablement, l’éclosion d’une littérature écrite féminine africaine, riche, diversifiée et engagée. Du Sénégal au Mali, en passant par la Guinée, le Togo, le Congo, le Caméroun, l’Afrique du Sud, et Tutti quanti, elles sont désormais nombreuses, ces femmes de lettre, à tremper leurs plumes dans l’encrier pour offrir un véritable reflet des Afriques contemporaines, multiformes et en perpétuel mouvement.

Cela va sans dire que le rôle prépondérant joué par les femmes de lettre dans l’évolution de la situation socio-culturelle du continent n’est pas à négliger. Celles-ci, de par leurs écrits, ont contribué et continuent de contribuer efficacement, non seulement à l’éveil de la conscience collective des africains, mais aussi à offrir de solides arguments comme armes culturelles efficaces pour hisser l’Afrique dans le concert des continents émergents.

Deux exemples illustratifs

C’est un secret de polichinelle que les œuvres des femmes de lettre de notre temps ne se cantonnent plus aux thèmes stéréotypés à savoir : le conflit entre la tradition et le modernisme, la polygamie, la dot, la stérilité, la sexualité, mais elles élargissent le champ littéraire en offrant des œuvres en rapport avec sujets qui concernent directement l’émergence du continent.

Au nombre de ces femmes écrivaines qui portent l’Afrique au bout de leurs plumes, s´illustre de si fort belle manière la Camerounaise Calixte Beyala, qui vit actuellement à Paris. Très engagée dans le domaine socio-culturel, elle aborde les thèmes comme : le choc culturel issu de l’exil des Africains en Europe. Nul besoin de rappeler qu’elle fait partie des écrivains noirs qui sont régulièrement primés à l’international.

C’est le cas aussi de la sud africaine Bessie Head, qui après avoir a connu une enfance difficile et a vécu dans un orphelinat, présente dans ces romans, les problèmes sur le racisme, le développement et la modernisation.

Un vaste réseau d’écrivaines

Progressivement, ces femmes de lettres précurseurs, forment autour d’elles, un vaste océan d’écrivaines, avec toujours cette volonté mordicus d’apporter une touche de modernité à la littérature noire et d’en faire un tremplin pour une affirmation culturelle, levier très important dans le développement d’un continent.

« Loin de ce cliché stéréotypé et habillement planté en les africains,  on constate aujourd’hui que les femmes prennent de plus en plus la parole à travers les lignes de leurs romans, essais, nouvelles etc. lesquels ouvrages ont apporté des changements sociaux majeurs dans leurs pays respectives », témoigne, un Professeur de Lettre moderne au Campus Universitaire de Lomé.

Par ailleurs, grâce à leurs audaces et sensibilités, beaucoup de femmes littéraires africaines sont devenues des avant-gardistes et des défenderesses des valeurs africaines.

« Je dis et j’affirme : en Afrique, tandis que les hommes s’exhibent à tous les niveaux de la hiérarchie sociale, cultivent leur ego à travers leur solidarité dans les clubs, les cafés ou les bars, s’éblouissent de leur propre puissance jusqu’à en perdre la cervelle, manipulent des armes meurtrières et se gonflent de leurs futiles et éphémères victoires, les femmes, sans ostentation, font tourner l’Afrique », écrivait un auteur anonyme.

« Au regard de la richesse et de la place du patrimoine culturel africain dans le développement du continent, l’on est en droit de tirer un chapeau à ces femmes de lettres qui prennent sur elles de mettre en exergue les valeurs culturelles des différents peuples africains », a pour sa part indiqué, l’écrivaine et journaliste togolaise, Dorothé Tabiou.

Abondant dans le même sens, l’écrivaine sénégalo-malienne, Fatoumata Kane  affirmait, à la Foire Internationale du livre qui s’est déroulée à Ouagadougou en 2009 : « même sans le vouloir les femmes de lettre africaines sont devenues, le fer de lance d’une société civile avisée. Elles jouent désormais un rôle de clarification évidente dont l’importance est majeure ».

De tout ce qui précède, il ressort que l’intérêt grandissant porté aujourd’hui sur les textes des femmes de lettre africaine, est de bonne guerre, car depuis belle lurette, la littérature féminine est devenue sur le continent, un levier pour les consciences, et offre une image différente de celle qui a été pendant longtemps présentée au monde entier à travers les miroirs des occidentaux.

 

BLIVI Kpakpo ( Togo )

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