« Eco »: le nom de la monnaie unique de la CEDEAO

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Le projet de la monnaie unique de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tend vers aboutissement. Les présidents des Etats membres de l’organisation ont adopté à l’unanime « Eco », nom de la monnaie unique de la sous-région, à l’occasion leur 55ième session ordinaire à Abuja (Nigeria).

Cette monnaie qui devrait donc entrer en vigueur en 2020 dans les quinze États de l’espace Cedeao est un véritable serpent de mer, selon le magazine panafricain « Jeune Afrique ».

Le média indique que huit pays devront en effet abandonner le franc CFA et sept autres leur monnaie nationale. Dans son communiqué final, le sommet « réaffirme l’approche graduée (pour l’adoption) de la monnaie unique en commençant par les pays qui atteignent les critères de convergence ».

Parmi ceux-ci, les principaux sont la création de réserves de change couvrant au moins trois mois d’importations ; un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB ou encore une inflation inférieure à 10 %.

Selon le document issu de la réunion de mi-juin à Abidjan, le modèle de la future banque centrale devrait être fédéral et le régime de change retenu sera flexible, avec un ciblage de l’inflation globale comme cadre de politique monétaire. Par ailleurs, les pays ont jusqu’au 29 octobre pour transmettre à la Commission de la Cedeao leurs programmes pluriannuels de convergence pour la période 2020-2024.

Notre source rapporte que certains experts doutent pourtant de la capacité des États à respecter ces critères de convergence. Selon certains analystes, la création d’une monnaie unique apparaît comme prématurée et aurait des conséquences incertaines. « Ce serait se lancer dans le vide », considère ainsi Ndongo Samba Sylla, économiste à Dakar au sein de la fondation Rosa Luxembourg. De son côté, Abdourahmane Sarr, ancien expert monétaire au Fonds monétaire international, estime pour sa part qu’il « s’agit d’un choix politique » avec « les conséquences à subir par les générations futures. »

« La feuille de route sera suivie. La convergence dépend des efforts que fera chaque pays pour respecter les critères. C’est un aspect essentiel et fondamental », avait pour sa part assuré Jean-Claude Brou, le président de la Commission de la Cedeao.