L’opposition togolaise affaiblie et dépouillée de son pouvoir ?

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Communément appelée « Loi Bodjona », la loi N°2011-010 du 16 mars 2016 sur les conditions des manifestations publiques au Togo a été modifiée à l’Assemblée nationale ce mercredi. Une dizaine d’articles (3, 6, 9, 10, 12, 13, 17, 19, 20, 21) ont été modifiés et 2 (9 alinéas 1 et 2) nouveaux articles y sont intégrés.

Alors qu’une partie de l’opinion publique crie au scandale en dénonçant une tentative de bâillonnement des populations et une prise en otage de l’opposition, le ministre togolais de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi, justifie la modification de la loi Bodjona par le souci du gouvernement d’assurer un meilleur encadrement des manifestations et de garantir la sécurité des riverains, entre autres.

Des personnalités clés de l’opposition togolaise à l’instar de Jean-Pierre Fabre et Brigitte Adjamagbo-Johnson ont longtemps défendu l’idée que la rue reste la seule solution pour que la démocratie et l’Etat de droit deviennent une réalité au Togo. Que devient cette idéologie maintenant que la liberté de manifestation publique dans le pays est considérablement réduite ?

Désormais, les répressions sanglantes par les forces de l’ordre et de sécurité pourront être justifiées par cette nouvelle loi à chaque fois que les populations tenteront de descendre dans les rues de leur propre initiative ou de passer outre les recommandations de l’autorité compétente. La Loi Bodjona modifiée, pense l’opinion publique togolaise, comporte un certain nombre de dispositions qui remettent en cause la liberté de manifestation consacrée par la Constitution togolaise.